Saint-Etienne : Le CHU refuse de réintégrer deux cantinières non vaccinées malgré un jugement

JUSTICE Le CHU de Saint-Etienne a refusé ce mercredi la réintégration de deux agents non vaccinés et suspendus, travaillant dans les cuisines de l'établissement, en dépit d’un jugement récent qui leur était favorable

J. Le. avec AFP
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L'hôpital Nord du CHU de Saint-Etienne, à Saint-Priest-en-Jarez.
L'hôpital Nord du CHU de Saint-Etienne, à Saint-Priest-en-Jarez. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Deux femmes travaillant dans les cuisines de l'hôpital Nord du CHU de Saint-Etienne se sont vu refuser l'accès à leur poste ce mercredi.
  • Suspendues car non vaccinées, elles avaient pourtant reçu un jugement favorable du tribunal leur permettant de reprendre provisoirement leur poste.
  • Un troisième agent dans la même situation a reçu un traitement différent, puisqu'il a pu réintégrer son poste au Centre hospitalier de Roanne.

Deux agents non vaccinés se sont vus refuser l’accès à leur poste de travail, à l’hôpital Nord de Saint-Priest-en-Jarez (Loire), mercredi 27 octobre. Les deux femmes étaient munies d’un pass sanitaire, en présence d’une huissière de justice. « On a été empêchées de prendre notre poste de travail par un cadre qui nous a dit appliquer une directive de la DRH », a déclaré Marie-Josée Ribeiro, une des deux salariées.

Le tribunal administratif de Lyon a ordonné vendredi 22 octobre en référé la suspension de la sanction, jusqu’à ce qu’il ait été statué sur le fond de l’affaire. Le jugement prévoyait pourtant que la suspension des décisions hospitalières « implique la reprise à titre provisoire de l’activité et de la rémunération » des requérants.

L’exception d’un troisième agent non vacciné

Un troisième agent non vacciné et suspendu, employé à la cuisine centrale du Centre hospitalier de Roanne (Loire), qui a lui aussi obtenu un jugement favorable de la même instance vendredi, a quant à lui été reçu à la mi-journée par la direction des ressources humaines de son établissement qui lui a annoncé une reprise d’activité dès le lundi.

L’avocat des trois requérants, Me Thomas Bénagès, a dit « déplorer que l’hôpital fasse le choix de se mettre hors la loi en refusant d’appliquer la décision de justice rendue » pour ses deux clientes. Il a ajouté « ignorer la raison de cette différence de traitement de la part de ces deux établissements hospitaliers qui ont une direction commune ».

Employés aux cuisines

Les trois agents estiment ne pas être concernés par l’obligation vaccinale faite au personnel soignant, car ils travaillent au sein des cuisines de leur établissement. Contactée, la direction du CHU de Saint-Etienne n’était pas en mesure de commenter la situation de ces agents, précisant avoir engagé « un pourvoi » devant le Conseil d’Etat.

Compte-tenu de la localisation de la cuisine centrale du CHU de Saint-Etienne et du Centre hospitalier de Roanne où ils exercent, le tribunal a considéré être en présence d’éléments « de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ».