Migrants : Emmanuel Macron veut un nouveau traité UE-Afrique

DIPLOMATIE Le chef de l’Etat veut profiter de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, à partir du 1er janvier 2022, pour trouver de nouvelles solutions à la crise migratoire

20 Minutes avec AFP
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Des migrants secourus en mer par l'ONG SOS Méditerranée, le 2 août 2021.
Des migrants secourus en mer par l'ONG SOS Méditerranée, le 2 août 2021. — BURAT / ZEPPELIN/SIPA

Alors que la France va prendre pour six mois, le 1er janvier prochain, la tête du Conseil de l’Union européenne, Emmanuel Macron veut mettre la question migratoire au cœur de cette présidence. Le Chef de l’Etat a réaffirmé mardi, lors d’un « dîner des protestants », qu’il souhaitait gérer le problème des migrants au niveau européen et obtenir un nouveau traité Europe-Afrique pour prévenir les migrations.

« L’un de mes objectifs sous présidence française (de l’UE) est d’essayer de rebâtir un traité de paix et d’amitié avec l’Afrique, où une des données sera comment les Européens donnent la capacité à la jeunesse africaine d’avoir des opportunités dans son continent », a-t-il plaidé. « Il faut penser avec les Etats d’origine une politique migratoire beaucoup mieux organisée, en particulier avec l’Afrique », a préconisé Emmanuel Macron, tout en réclamant une meilleure protection contre les migrations illégales, leur reconduite systématique dans leur pays d’origine et une réforme de l’ espace Schengen.

Pour Macron, « il faut améliorer l’intégration »

Face à « une pression migratoire beaucoup plus forte que ces dernières années, dans des sociétés en crise d’intégration, avec aussi des personnes qui viennent de pays plus difficiles à intégrer […] il faut améliorer l’intégration, y compris pour ceux qui sont là depuis longtemps, mais essayer dans le même temps de prévenir les nouvelles arrivées car elles sont insoutenables pour nos sociétés, pour le continent européen, car une large majorité de ceux qui arrivent en demandant l’asile ne sont pas éligibles à l’asile », a-t-il estimé.

« Chaque cas individuel, vous arriverez à me convaincre en tant qu’homme qu’il faut les garder, mais en tant que président je ne peux pas vous dire que cette situation soit viable, car cela vide de son sens ce qu’est l’asile », a expliqué Emmanuel Macron, réclamant une distinction nette entre l’asile et toutes les autres migrations. Le chef de l’Etat répondait au président de la Fédération protestante de France, François Clavairoly qui lui a rappelé « l’exigence du droit d’asile » et regretté que « l’accueil soit nié par des discours de haine ».

Le besoin d’un « grand récit collectif »

Le président a par ailleurs souhaité le retour d’un « grand récit collectif ». « Nous sommes collectivement malheureux de ne plus avoir de grand récit, car nos compatriotes sont confrontés à la petitesse des petits récits ». « Etre président, c’est essayer chaque jour d’expliquer aux Français les raisons qu’ils ont de vivre ensemble », a-t-il conclu, au terme d’un dîner de bienfaisance organisé par un réseau d’entrepreneurs protestants.