Pédocriminalité: Un collectif milite pour «une suite concrète» au rapport Sauvé

EGLISE Les 120 évêques de France doivent se réunir du 2 au 8 novembre à Lourdes

20 Minutes avec AFP
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La Ciase estime que depuis 1950, 216.000 mineurs ont fait l’objet de violences ou d’agressions sexuelles.
La Ciase estime que depuis 1950, 216.000 mineurs ont fait l’objet de violences ou d’agressions sexuelles. — AFP

Il est temps de passer aux actes. Un collectif d’associations et de victimes a interpellé lundi la Conférence des évêques de France avant son assemblée plénière début novembre pour qu’elle « reconnaisse la responsabilité » de l’Eglise catholique et donne « une suite concrète » aux recommandations du rapport Sauvé sur la pédocriminalité ainsi qu’un calendrier.

Les quelque 120 évêques de France doivent se réunir du 2 au 8 novembre à Lourdes et consacrer environ 40 % de leurs travaux sur le sujet de « la lutte contre les violences et les agressions sexuelles sur mineur ». « De la parole aux actes ! », réclame que soit alors « reconnue et officiellement prononcée la responsabilité de l’Église », selon un communiqué diffusé lundi.

Ce collectif est né dans le sillage de la remise, le 5 octobre, des conclusions de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique (Ciase) à l’épiscopat français et aux ordres et congrégations religieuses. « Nous sommes unis pour bousculer les choses. On ne sent pas une Eglise, à travers ses évêques, déterminée à se réformer », explique à l’AFP Olivier Savignac, membre du collectif et président de Parler et Revivre.

3.000 prédateurs

Pour soutenir la réforme qu’il appelle de ses voeux, « De la parole aux actes ! » propose aux évêques et responsables religieux de travailler avec eux à « l’élaboration d’une charte détaillant les modalités et le calendrier de mise en oeuvre » des préconisations du rapport de la Ciase, et ce afin d'« assurer le suivi de la mise en oeuvre effective de ces préconisations ».

« Il y a des choses qui concernent le Vatican. Quelles vont être les démarches avec Rome ? Il faut de la transparence et une méthodologie de travail pour qu’on avance », commente François Devaux, membre du collectif. « De la parole aux actes ! » regrette par ailleurs le peu d’invitations adressées aux victimes. Cela crée de l'« opacité, un entre-soi et un repli » et génère « la colère des victimes », indique François Devaux.

La Ciase estime que depuis 1950, 216.000 personnes de plus de 18 ans ont fait l’objet de violences ou d’agressions sexuelles pendant leur minorité, de la part de clercs (prêtres ou diacres) ou de religieux et religieuses. Elle chiffre à environ 3.000 le nombre de prédateurs impliqués en 70 ans.