Sans-papiers : Grèves sur 11 sites franciliens pour des régularisations

IMIGRATION Les entreprises visées sont dans le commerce, la restauration, la livraison, la propreté et l’intérim

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration. Sans papiers demandeurs d'asile devant la préfecture. Le 16 02 2009 (Archives).
Illustration. Sans papiers demandeurs d'asile devant la préfecture. Le 16 02 2009 (Archives). — G. VARELA / 20 MINUTES

Plus de 200 travailleurs sans-papiers ont entamé un mouvement de grève coordonné par la CGT, ce lundi, sur au moins onze sites d’Île-de-France, pour obtenir leur régularisation, a indiqué le syndicat.

« On veut les papiers, on veut les papiers/On veut, on veut, on veut les papiers », scandaient en début d’après-midi neuf employés maliens en grève, soutenus par des cadres CGT, devant le très touristique Café Marly, en face de la pyramide du Louvre, a constaté l’AFP.

Restauration, livraison, propreté et intérim

Après discussions avec la direction devant l’établissement, ils ont obtenu un rendez-vous à l’intérieur plus tard dans la journée pour une séance de négociation. Du cœur de la capitale à l’Essonne et la Seine-Saint-Denis, les entreprises visées sont dans le commerce, la restauration, la livraison, la propreté et l’intérim.

A Targett, société d’intérim dans le Quartier Latin, il n’y a pas de piquet de grève car « il y a eu un accord. L’entreprise va fournir les documents nécessaires de demande d’autorisation de travail » pour les sans-papiers, a précisé Marilyne Poulain, de la direction confédérale de la CGT. A Sépur, entreprise de collecte des déchets de Bobigny (Seine-Saint-Denis), « c’est tout un système organisé, avec abus d’intérim manifeste et conditions de travail extrêmement pénibles », a-t-elle décrit, rappelant que les éboueurs concernés « ont continué à travailler pendant le confinement ».

« De toute ma vie, je n’avais jamais galéré comme ça »

Makan, 33 ans, en « extra » au Café Marly depuis le premier jour de son arrivée en France en 2018, a les larmes aux yeux quand il évoque les sept mois de confinement, d’octobre 2020 à mai dernier, pendant lesquels, le restaurant fermé, il n’a ni travaillé, ni touché un centime. En l’absence de contrat, il n’a pu bénéficier du « chômage partiel ».

« De toute ma vie, je n’avais jamais galéré comme ça, même quand j’étais étudiant au Mali », ajoute celui qui dit avoir été aidé par ses frères pour pouvoir manger. Casquette vissée sur la tête, Makan réclame un CDI pour avoir des papiers et pour que ses employeurs « ne profitent plus de la situation ». « On veut travailler régulièrement, et payer nos cotisations régulièrement, comme les autres salariés », ajoute-t-il. Interrogés, les dirigeants du restaurant ont indiqué qu’ils s’exprimeraient à l’issue de la négociation.