Marseille : « Une chance » pour « rattraper son retard », le chantier de la cité scolaire internationale Jacques Chirac est lancé

ÉDUCATION Élus, architectes et constructeurs ont posé ce lundi la première pierre symbolique du bâtiment qui, du CP à la terminale, accueillera près de 2.200 élèves.

Alexandre Vella
— 
Vue aérienne du projet de cité scolaire internationale de Marseille
Vue aérienne du projet de cité scolaire internationale de Marseille — CINTAS-FLORES
  • Cinq langues enseignées, 2.200 élèves du CP à la terminale : le chantier de la cité scolaire internationale de Marseille est lancé.
  • Elle accueillera ses premiers élèves à la rentrée 2024 et portera le nom de « Jacques Chirac ».
  • Elle constitue un nouvel outil pour l’attractivité d’une ville qui doit « rattraper son retard ».

« Une chance », pour Marseille, s’est réjouie Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire de Marseille en charge du plan école. Une de plus dans la séquence actuelle, où  du plan Macron à ceux de la municipalité, les projets pleuvent sur une ville qui doit « rattraper son retard », selon une formule répétée ces derniers temps. Cette fois-ci, c’est Renaud Muselier, le président de la Région Paca qui s’est emparé de ces mots, à l’occasion de la pose de la première pierre de la future cité scolaire internationale de Marseille.

Des discussions en cours sur les modalités d’accès

Celle-ci accueillera dès la rentrée 2024 près de 2.200 élèves répartis du CP à la terminale. Implantée dans le quartier Euro Méditerranée, à proximité immédiate de la tour CMA-CGM et du « nouveau » quartier d’affaires marseillais, la cité scolaire internationale constitue « un symbole fort de l’attractivité de notre territoire », a exprimé Martine Vassal, la présidente du département et de la métropole. Car tel est un des enjeux d’avoir un établissement d’enseignement avec des classes internationales.

Trop souvent, les cadres de grandes entreprises rechignent à habiter Marseille, et préfèrent la quiétude d’Aix-en-Provence ou de Cassis. « Nous voulons montrer aux CSP+ que Marseille se soucie de ses enfants », résume Pierre-Marie Ganozzi. Pour autant, l’établissement sera également accessible aux enfants du 3e arrondissement voisin, « un des quartiers les plus pauvres de France, si ce n’est d’Europe », rappelle l’élu municipal qui évoque « des discussions en cours avec le recteur » sur les modalités d’accès. « On ne veut pas d’une école qui soit 100 % enfants de grands cadres, mais une vraie mixité sociale ».

La cité scolaire « Jacques Chirac »

Dessinée par les architectes Rudy Ricciotti et Roland Carta – qui avaient déjà conçu ensemble le Mucem –, le plan à quatre mains de ce bâtiment promet une réalisation écoresponsable. Avec une armature en béton fibré de lin, le tout produit localement, et un chantier réalisé à 80 % par des entreprises régionales, ainsi qu'un important volume de végétalisation, les architectes entendent faire de ce bâtiment un modèle. La maîtrise d’ouvrage a été confiée à Bouygues pour un montant de 100 millions d’euros répartis entre la Région (51 millions d’euros), le Département (36 millions d’euros) et la Ville (13 millions d’euros).

Enfin, cette cité scolaire internationale portera le nom de Jacques Chirac. Une annonce faite en présence de sa fille, Claude. Un choix longuement expliqué par Renaud Muselier, pour qui l’ancien président était « comme un père », avait-il expliqué sur RMC au moment du décès de celui-ci en 2019. Le projet Euro Méditerranée, où se situera cet établissement, avait été lancé sous la première mandature de Jacques Chirac.