Accident de car de Puisseguin : Recueillement et incompréhension après le non-lieu

HOMMAGE L’ancien président de la République François Hollande a participé samedi à un moment de recueillement en mémoire des 43 victimes de l’accident de car de Puisseguin, six ans après le drame

20 Minutes avec AFP
— 
Stèle en hommage aux 43 morts de l'accident de car de Puisseguin (Gironde)
Stèle en hommage aux 43 morts de l'accident de car de Puisseguin (Gironde) — GEORGES GOBET / AFP

Deux commémorations ont marqué samedi le sixième anniversaire du terrible accident de car de Puisseguin (Gironde) qui avait fait 43 morts, principalement des retraités, au lendemain d’une décision de justice éloignant la perspective d’un procès, au grand dam des familles.

Plus d’une centaine de personnes se sont réunies en matinée pour des dépôts de gerbe sur la stèle où sont gravés les noms des disparus, en surplomb du lieu de l’accident, près de Libourne. Un autre temps de recueillement y a été organisé en fin d’après-midi avec quelques dizaines de personnes, dont des élus locaux et François Hollande.

Des « souvenirs extrêmement douloureux » déclare François Hollande

« Pour les parents des victimes, les survivants, les élus, le président (de la République) que j’étais à ce moment-là, ce sont des souvenirs extrêmement douloureux », a déclaré François Hollande. « L’intention des élus, des familles, c’est d’aller au bout des investigations (…) et que l’administration tire toutes les leçons en termes d’accident ».

Au matin du 23 octobre 2015, près de Puisseguin, un semi-remorque arrivant à 75 km/h s’était déporté sur la gauche et mis en portefeuille avant de percuter un car arrivant en sens inverse. Le car avait rapidement été envahi par les flammes et des fumées toxiques et les passagers, à l’exception de huit rescapés, étaient morts brûlés vifs ou asphyxiés. Il s’agit de l’accident de car le plus meurtrier en France depuis 1982 (Beaune, 53 morts).

En 2017, l’enquête administrative avait attribué « la cause directe » de l’accident à « une perte de contrôle » du chauffeur du camion, décédé dans l’accident avec son enfant de trois ans.

« Pourquoi ils ne cherchent pas davantage ? »

Jugeant le chauffeur seul responsable de l’accident, le magistrat instructeur de Libourne, qui n’a jamais prononcé de mises en examen, a pris une ordonnance de non-lieu, annoncée vendredi et fermant probablement la porte à un procès. Le parquet a fait néanmoins appel, comme les avocats du Collectif des victimes de Puisseguin (CVP).

« Pourquoi ce non-lieu ? Pourquoi ils ne cherchent pas davantage ? Pourquoi ce feu ? », a réagi samedi Madeleine, une rescapée interrogée. « Je pensais qu’on saurait un jour… Moi je voudrais savoir comment sont construits ces cars, avec quoi. Pourquoi ce produit-là qui a fait que ça a brûlé tout de suite ? »

Les proches des victimes « pensent à une injustice », a assuré Michel Vigier, président du CVP. « C’est une faute humaine qui a conduit à l’accident, on est tous d’accord là-dessus. (Le chauffeur du poids lourd) allait trop vite. Mais par contre l’enquête révèle un certain nombre d’anomalies dont on ne tient absolument pas compte », comme l’installation d’un réservoir additionnel sur le semi-remorque.