Accident de car de Puisseguin : Le juge prononce un non-lieu, le parquet fait appel

ENQUETE Six ans après le drame qui a fait 43 morts près de Libourne (Gironde), le juge d’instruction a prononcé un non-lieu dans l’enquête qui avait été relancée au début de l’année 2021

M.B. avec AFP
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43 personnes ont perdu la vie dans l'accident du 23 octobre à Puisseguin. / AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH
43 personnes ont perdu la vie dans l'accident du 23 octobre à Puisseguin. / AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH — AFP

Six ans presque jour pour jour après le drame, le juge d'instruction prononce un non-lieu. Une ordonnance de non-lieu a en effet été rendue par le juge d’instruction dans l’enquête sur l’accident de car de Puisseguin (Gironde), qui avait fait 43 morts le 23 octobre 2015, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Libourne, qui a fait appel.

« Le juge d’instruction a rendu le 14 octobre une ordonnance de rejet d’actes et de non-lieu », a indiqué le procureur Olivier Kern à l’AFP. « J’ai interjeté appel », ajoute-t-il. Cet accident de car de retraités en excursion, pour lequel aucune mise en examen n’a jamais été prononcée, est le plus meurtrier survenu en France depuis 1982 et celui de Beaune.

L’enquête relancée début 2021

Selon le procureur, qui confirmait une information de France Bleu, « l'idée [de cet appel] est de soumettre l'appréciation de ce dossier à une instance collégiale, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux ». Antoine Chambolle, avocat du Collectif des victimes de Puisseguin, partie civile, a indiqué à l'AFP qu'il avait également fait appel de cette ordonnance.

L’instruction dans l’affaire de Puisseguin avait été close en 2020 sans aucune mise en examen, avant que le procureur de Libourne ne relance l’enquête début 2021 en déposant, le 5 janvier, des réquisitions supplétives de demandes d’auditions et de mises en examen auprès du juge d’instruction chargé du dossier. Il demandait des mises en examen de plusieurs sociétés et personnes physiques pour « homicides » et « blessures » involontaires, en raison de « manquements » qui ont « indirectement » contribué au lourd bilan du drame.

« Au-delà des expertises qui mettent clairement en cause la vitesse excessive du chauffeur, j’estime qu’il y a des responsabilités causales indirectes qui peuvent légitimer des mises en examen », justifiait alors le magistrat, arrivé à l’automne 2019 à Libourne.