Calais : Un prêtre et deux militants continuent leur grève de la faim pour dénoncer le « harcèlement contre les migrants »

HUMANITAIRE Un prêtre et deux militants associatifs finissent leur deuxième semaine de grève de la faim pour dénoncer le « harcèlement que subissent les migrants »

G.D. avec AFP
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Les trois personnes qui ont entamé une grève de la faim, le 11 octobre, à Calais, Dans le Pas-de-Calais.
Les trois personnes qui ont entamé une grève de la faim, le 11 octobre, à Calais, Dans le Pas-de-Calais. — Secours catholique

Ils risquent d’entamer leur troisième semaine de grève de la faim, à Calais. Depuis le 11 octobre, le père Philippe Demeestère, prêtre jésuite et aumônier du Secours catholique pour le Pas-de-Calais, âgé de 72 ans, accompagné de deux militants associatifs, Anaïs Vogel, 35 ans, et Ludovic Holbein, 38 ans, ont pris la décision radicale de ne plus s’alimenter.

Installés dans l’église Saint-Pierre, tous les trois dénoncent « le harcèlement insupportable que subissent les migrants » de la part des autorités, précise un porte-parole du Secours catholique.

« Déterminés à aller au bout »

« Ils sont déterminés à aller au bout face à l’escalade de la violence dont font preuve les autorités face aux migrants, ajoute l’association. Toutes les 48 heures, voire 24 heures, la police fait déguerpir les personnes et met leurs affaires à la benne »

Les grévistes ont trois revendications : l’arrêt des démantèlements des camps de migrants pendant la période hivernale, l’arrêt de la confiscation des tentes et des effets personnels des migrants et l’autorisation pour les associations non-mandatées par l’Etat de pouvoir bénéficier de lieux pour les distributions d’aide humanitaire.

Une réunion était prévue à Calais, ce vendredi, en fin d’après-midi, avec la sous-préfète. En début de semaine, le préfet du Pas-de-Calais, Louis Le Franc, avait décidé « d’accroître la fréquence des réunions de concertation organisées à la sous-préfecture de Calais » avec les associations qui « seront désormais mensuelles ».

Nouveau protocole de restitution des effets personnels

Il compte également « établir un nouveau protocole de restitution des effets personnels que les migrants auraient pu perdre lors des opérations d’évacuation », a-t-il détaillé, dans un communiqué.

Les associations d’aide aux migrants avaient dénoncé, lundi, un « vol systématisé » de leurs affaires lors des expulsions de campements, une accusation récusée par la préfecture, mais que certaines photos confirment.

Le nouveau protocole, présenté, ce vendredi, aux associations, « permettra de proposer un lieu de dépose plus accessible de ces effets, lesquels seront triés et séchés avant leur restitution aux migrants ». En outre, « des plages horaires plus adaptées seront instaurées afin de répondre au mieux aux besoins de la population migrante », a affirmé le préfet.

« Il n’y a rien à en attendre »

« Comme toutes les autres rencontres, c’est une rencontre de pure forme, il n’y a rien à en attendre, les décisions ne se prennent pas au niveau de la sous-préfecture, a estimé auprès de l’AFP, le père Philippe. Il n’y a pas d’espace de discussion quand quelqu’un est en train de mourir de froid, sous la pluie, n’a pas accès à la nourriture ou autre chose. »

Les grévistes de la faim appellent aussi la population à un jeûne de solidarité, dès samedi. Pour soutenir leur mouvement, une pétition a été mise en ligne et a recueilli près de 20.000 signatures, ce vendredi soir.