Se nourrir en France est en moyenne 15 % plus cher que chez nos voisins européens

CONSOMMATION L’association 60 Millions de consommateurs met notamment en cause les hypermarchés, une spécialité française

20 Minutes avec agence
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Un supermarché du groupe Casino (illustration)
Un supermarché du groupe Casino (illustration) — DURAND FLORENCE/SIPA

Faire ses courses alimentaires en France est bien plus cher que dans la grande majorité des pays d’Europe. C’est ce que révèlent les données d’Eurostat relayées par 60 Millions de consommateurs. En moyenne, la note est 15 % plus élevée en France. Un écart qui ne cesse d’augmenter : il était de 8 % en 2013 et de 12 % en 2016. Seuls le Danemark, le Luxembourg et l’Autriche présentent des tarifs plus élevés.

Des chiffres surprenants puisque le magazine rappelle que 80 % des aliments consommés chaque année en France sont cultivés et produits dans l’Hexagone. L’association de consommateurs pointe cependant du doigt les hypermarchés, une spécialité française.

Les produits locaux et régionaux « tirent les indices vers le haut »

En effet, 60 % des produits de grande consommation sont vendus dans ce type de magasins, soit deux fois plus qu’en Allemagne. Or, ils proposeraient des prix plus élevés en raison d’une gamme de produits bien plus large.

Ils donnent aussi une large place aux produits locaux et régionaux qui « tirent les indices vers le haut », selon l’Observatoire de liaison des entreprises de consommations. Pour Dominique Amirault, président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF), « ces produits ne sont pas moins chers que les autres ».

Une main-d’œuvre plus coûteuse

Pour certains produits, les écarts sont encore plus importants. En France, le prix de la viande est ainsi 30 % plus élevé que la moyenne européenne. Pour les fruits et légumes, l’écart est de 27 %. Le coût de la main-d’œuvre serait ici en cause. Plusieurs de nos voisins font en effet appel à des travailleurs détachés originaires d’Europe centrale, notamment pour la viande.

Dernière explication à ces différences de prix : la loi Egalim qui, depuis 2018, impose une marge de 10 % sur le seuil de revente à perte et qui aurait provoqué une inflation.