Coronavirus en Pays-de-la-Loire : Entre voyages de groupe et thés dansants, l'épidémie repart chez les retraités

COVID L’Agence régionale de santé observe un « relâchement très net » des comportements des plus de 65 ans

Julie Urbach
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Illustration d'un bal, ici à Lyon (archives)
Illustration d'un bal, ici à Lyon (archives) — F. Dufour/AFP
  • Le taux d’incidence des plus de 65 ans augmente bien plus rapidement que celui de la population générale dans les Pays-de-la-Loire.
  • Plusieurs clusters se sont déclarés récemment après des thés dansants ou des voyages organisés.

« Attention à la promiscuité », « évitez les embrassades »… Après une période où les jeunes étaient parfois accusés de favoriser la circulation du virus en continuant de faire la fête, ce sont désormais les retraités qui inquiètent les autorités. Dans les Pays-de-la-Loire, le taux d’incidence des plus de 65 ans repart à la hausse ces derniers jours, bien plus vite que celui du reste de la population. « Il est aujourd’hui de 88 pour 100.000 habitants [47,7 pour la population générale], il s’agit du taux le plus important de France métropolitaine, déplore ce jeudi soir Jean-Jacques Coiplet, le directeur de l’ARS. Il y a un relâchement très net des gestes barrières, qu’il faut continuer à appliquer même avec le pass sanitaire. »

Depuis début octobre, plusieurs rassemblements festifs de ces « retraités actifs » pourraient expliquer cette augmentation, particulièrement visible dans le Maine-et-Loire et en Vendée. Dans le viseur de l’ARS, « les thés dansants », « les bals », mais aussi les voyages organisés dans lesquels les contaminations peuvent aller vite… « Il y a parfois 200, 300 ou 400 personnes dans des lieux fermés, sans cahier de rappel ce qui rend le suivi très difficile », s’inquiète Jocelyn Vincent, responsable du département de veille sanitaire à l’ARS. Ce dernier rapporte que cette semaine, dix cas positifs ont par exemple été relevés dans la Sarthe parmi un groupe de 50 personnes parties en bus dans les Pyrénées.

Les hospitalisations en hausse

« L’hypothèse est que ces personnes, qui se sont bien protégées puis qui se sont vaccinées depuis un moment, se relâchent alors qu’elles restent pourtant la population la plus à risque quand elle est infectée », observe Pierre Blaise, directeur scientifique à l’ARS, qui incite toutes les personnes éligibles à une troisième dose à aller se faire vacciner. Si aucune tension hospitalière n’est pour le moment constatée, le nombre de personnes hospitalisées a augmenté ces derniers jours dans la région : elles sont actuellement 180 (contre 139 mardi), dont 41 en réanimation, pour majorité des patients de plus de 75 ans.

Quatre centres de vaccination vont fermer

La prise de rendez-vous pour se faire vacciner contre le Covid-19 continue sa chute libre en Loire-Atlantique. A tel point que l’Agence régionale de santé a décidé de réduire la voilure. Quatre centres (sur 13) vont fermer à la fin du mois : il s’agit de ceux de Pontchâteau, Saint-Philbert-de-Grandlieu, Savenay et Vertou.