Pas-de-Calais : Le préfet veut apaiser les tensions avec les associations d’aide aux migrants

IMMIGRATION La préfecture du Pas-de-Calais a dévoilé plusieurs mesures mises en œuvre après que des associations d’aide aux migrants ont dénoncé un « vol systématisé » des effets des migrants lors des démantèlements de camps

Mikaël Libert
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Un petit camp de migrants dans le calaisis (illustration).
Un petit camp de migrants dans le calaisis (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Trois personnes, dont un prêtre, sont en grève de la faim pour dénoncer les expulsions de migrants à Calais.
  • Des associations ont accusé les services de l’Etat de « vol systématique » des effets des migrants.
  • La préfecture annonce un nouveau protocole de restitution de ces effets et la mise en place d’un dialogue plus régulier.

Cela fait cinq ans que la dernière « jungle » de Calais a été démantelée. Depuis, les petits camps éparpillés ont remplacé les grands bidonvilles. N’empêche, les opérations de police se succèdent pour « éviter la création de nouveaux points de fixation ». L’ONG Human Rights Watch et plusieurs associations dénoncent ces démantèlements, affirmant par ailleurs que les effets des migrants étaient « systématiquement volés ». Trois personnes sont actuellement en grève de la faim pour protester contre l’application de la politique migratoire dans le Calaisis. Le préfet de département va tenter de calmer le jeu.

Lorsque des expulsions de squats ou de camps sont menées, les effets se trouvant sur place sont chargés dans des camions puis évacués vers un lieu censé être accessible à leurs propriétaires pour venir les récupérer. Sauf que les associations affirment que ce « protocole » est un « écran de fumée », les conditions d’accès à l’endroit de stockage étant compliquées.

Le préfet a déclaré, mercredi, qu’un nouveau protocole sera mis en place, notamment pour « proposer un lieu de dépose plus accessible » avec des « plages horaires plus adaptées ». Il ajoute que les effets « seront triés et séchés avant leur restitution aux migrants ».

Plus fréquent, le dialogue sera-t-il aussi plus constructif ?

De manière plus générale, les associations pointent du doigt une politique migratoire répressive. Le prêtre et les deux militants associatifs qui ont entamé une grève de la faim, le 11 octobre, dénoncent « un durcissement très net de la maltraitance des exilés » et réclament l’arrêt des démantèlements pendant la période hivernale. A ce sujet, le préfet plaide que « les opérations de démantèlement de campements ou de squats que nous conduisons […] ne visent qu’à lutter contre l’insalubrité de ces hébergements et à démanteler les filières de passeurs ».

Le représentant de l’Etat affirme être ouvert au dialogue avec les associations œuvrant dans le Calaisis. Il propose ainsi « d’accroître la fréquence des réunions de concertation » qui seront désormais organisées chaque mois. Pour autant, à aucun moment la préfecture ne s’est engagée à cesser ces opérations, même au cours de la période hivernale.