Nice : Tram, vélo, voiture... comment le Covid-19 a-t-il influencé la manière de se déplacer dans la métropole ?

TRANSPORT D’une manière générale, la population se tourne davantage vers des modes de transport individuels, notamment le vélo et la voiture

Elise Martin
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La fréquentation du réseau Lignes d'Azur a baissé de 12% entre septembre 2020 et septembre 2021 (Illustration)
La fréquentation du réseau Lignes d'Azur a baissé de 12% entre septembre 2020 et septembre 2021 (Illustration) — Syspeo / Sipa
  • D’après une étude de l’Observatoire société et consommation (Obsoco) et l’institut Chronos dévoilée en janvier et réalisée entre les deux confinements, seuls un quart des Français interrogés se déplaçaient comme avant la crise.
  • Les moyens de se déplacer privilégiés sont le vélo et la voiture, des modes de transport individuels par peur de la contamination pour certains.
  • Si Nice se positionne à un meilleur classement par rapport à d’autres villes où il y a le plus d’embouteillages, les automobilistes azuréens passent trois heures de plus par mois dans les bouchons par rapport à 2018, d’après un classement d’Autoplus publié il y a dix jours.

Avec le Covid-19 et le développement du télétravail et du commerce en ligne ou de proximité, les manières de se déplacer ont changé. D’après une étude de l’Observatoire société et consommation ( Obsoco) et l’institut Chronos dévoilée en janvier et réalisée entre les deux confinements, seuls un quart des Français interrogés se déplaçaient comme avant la crise. D’une manière générale, la population s’est tournée davantage vers des modes de transport individuels avec en top 3 : la marche, le vélo et la voiture. A Nice, certaines de ces tendances se confirment.

La voiture, grande gagnante ?

Nice fait partie du top 10 des villes où il y a le plus de bouchons selon un classement d’Autoplus publié il y a dix jours. Même si elle est en dernière position, les automobilistes de la capitale azuréenne perdent en moyenne 14h14 dans les embouteillages par mois. C’est trois heures de plus qu’en 2018 selon les données de la même étude réalisée chaque année. Une hausse qui peut s’expliquer par la fin progressive du télétravail et la peur des contaminations dans les transports en commun, mais aussi avec « énormément de travaux un peu partout », a expliqué à BFMTV, François Tarrain, rédacteur en chef d’Autoplus au sujet de ce palmarès. A noter tout de même que, depuis le déploiement de la ligne 2 du tramway fin 2019 et la mise en place du nouveau réseau de transport en commun, environ 20.000 véhicules en moins passent sur la promenade des Anglais par jour, observe la mairie.

Les transports en commun boudés ?

La fréquentation du réseau Lignes d’Azur a baissé de 12 % en septembre 2021 par rapport à septembre 2019, indique la ville. Selon elle, cette diminution est due, entre autres, par « des usagers qui n’ont pas renouvelé leur abonnement à cause de la pandémie afin de limiter leurs contacts, ou avec le télétravail et des cours à distances ». La vente à bord des bus avait également été suspendue entre le 16 mars 2020 et le 2 juillet 2021, ce qui a pu freiner certains utilisateurs.

L’attrait pour la petite reine

Les Niçois se tournent alors de plus en plus vers une mobilité douce et durable : le vélo. En 2019, les compteurs de la commune relevaient en moyenne 2.452 passages par jour au niveau du boulevard Gambetta, sur la promenade des Anglais. Deux ans plus tard, au même endroit, ce sont environ 6.300 passages qui sont enregistrés quotidiennement. L’augmentation d’utilisation de ce moyen de transport s’illustre également dans les locations des vélos en libre-service. Pour le dispositif équipé d’une assistance électrique, la mairie indique entre 600 et 800 locations chaque jour, quand, il y a un an, elles s’élevaient à une centaine. A noter que l’offre s’est élargie avec 300 nouveaux e-Vélobleu et 150 qui seront livrés « d’ici fin novembre ».

Les projets de la métropole

Avec la crise sanitaire, le maire Christian Estrosi en avait fait une promesse pour le « monde d’après », Nice doit devenir une ville cyclable, notamment avec son objectif d’atteindre les 75 kilomètres de pistes et « 10 % de part modale vélo à l’horizon 2026 ». Pour ce faire, des aménagements ont été promis car « la plupart des pistes créées lors du premier confinement ont été supprimées », avait noté auprès de 20 Minutes, Hervé Andrés, membre actif de l’association Nice à vélo en novembre 2020.

« La mobilité durable étant une priorité pour la métropole Nice Côte d’Azur, tous les investissements prévus en la matière ont été réalisés et le seront aussi dans les années à venir », a indiqué la collectivité début 2021. En plus du renforcement du réseau de pistes cyclables, elle prévoit le prolongement de la ligne 1 du tram dans la vallée du Paillon, la ligne 4 entre Nice et Cagnes-sur-Mer ainsi qu’un bus à haut niveau de service (BHNS) sur l’axe niçois nord-sud. Elle propose également depuis le 1er juillet, la gratuité du réseau pour les 18-25 ans les week-end.