Pays-de-la-Loire : L'aide de 200 euros pour les étudiants salariés « méritants » fait réagir

SOCIAL La majorité régionale propose de verser une aide financière à tous les étudiants de la Région qui auraient travaillé au moins deux mois sur un an

Julie Urbach
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Christelle Morançais, présidente (LR) de la région des Pays-de-la-Loire
Christelle Morançais, présidente (LR) de la région des Pays-de-la-Loire — Jean-Francois MONIER / AFP
  • Le dispositif « prim’ojob » sera discuté lors du débat d’orientations budgétaires, jeudi et vendredi.
  • Les élus socialistes et écologistes critiquent déjà vivement cette mesure.

Les échanges s’annoncent tendus dans l’hémicycle. Jeudi et vendredi, dans le cadre du débat d’orientations budgétaires, les élus du conseil régional des Pays-de-la-Loire vont se pencher sur une nouvelle aide de 200 euros que souhaite verser la présidente Christelle Morançais (LR) aux étudiants qui occupent un petit job pour financer leurs études. Une mesure « pour valoriser le mérite » selon elle, déjà qualifiée par l’opposition comme une « décision indigne ».

Concrètement, le dispositif appelé « prim’ojob » fait partie des « cinq mesures coup de poing » d’un plan plus large pour améliorer l’accès à l’emploi. Il s’adresse à tous les étudiants salariés qui auront travaillé au moins deux mois dans une année, jobs d’été compris. « L’objectif est de récompenser leurs efforts tout en remettant en avant la valeur travail, estime Christelle Morançais. C’est un petit coup de pouce, qui pourra être renouvelé d’une année à l’autre, alors que deux étudiants sur dix ont un job à côté de leurs études. » Une logique qui se veut très éloignée d'un RSA jeunes, que commencent à expérimenter quelques collectivités.

« Première cause d’échec à l’université »

« Avec cette prime, la droite ne récompense pas, elle encourage un terrible modèle de société, estiment de leur côté les douze élus de l’opposition socialiste, menée par Guillaume Garot. Elle condamne les jeunes aux petits boulots et au travail précaire. Il faut revenir à la raison : un étudiant doit d’abord pouvoir se concentrer sur ses études. » Un avis partagé par le groupe écologiste, qui votera contre ce plan et qualifie la mesure de « provocation ». « Pour lutter contre la précarité des jeunes, il faut accompagner plus largement, et notamment les plus fragiles », estime Lucie Etonno, coprésidente du groupe L’écologie ensemble, qui propose par exemple la mise en place d’aides à la mobilité.

Le conseil économique, social et environnemental des Pays-de-la-Loire n’est lui non plus pas très enthousiaste, notamment car il n’est « pas convaincu de son impact sur les difficultés de recrutement des secteurs en tension ». Dans son avis, il tient à rappeler que « le salariat étudiant contraint est la première cause d’échec à l’université », et préconise plutôt « de soutenir le système de bourses et d’encourager la juste rémunération de stages réalisés en lien avec le sujet des études ». Il estime enfin qu' « en regard de la précarité étudiante, la somme de 200 euros par an, si elle peut être bienvenue pour des étudiants qui exercent un travail saisonnier l’été, ne peut répondre à leurs besoins lorsqu’ils sont en salariat contraint à l’année ».