Bonnes notes, ménage, bricolage… Pourquoi les parents sont prêts à payer leurs ados pour réaliser certaines missions

INFO « 20 MINUTES » Un tiers des parents donnent de l’argent à leur ado pour effectuer certaines tâches

Delphine Bancaud
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Les tâches ménagères sont les mieux rémunérées par les parents.
Les tâches ménagères sont les mieux rémunérées par les parents. — Flickr
  • Selon un sondage Pixpay * révélé par 20 Minutes, les parents qui rémunèrent leurs ados le font dans 78 % des cas pour des tâches ménagères.
  • Ils sont aussi prêts à mettre la main à la poche pour récompenser financièrement un bon comportement (12 %) ou des bonnes notes (10 %).
  • Une pratique qui est loin d’être rare mais qu’il faut limiter, prévient la psychologue Laurence Peltier.

« Depuis la 4e, mes parents me récompensent pour mes bonnes notes. C’est aussi le cas quand je fais le ménage, que je garde ma sœur, je jardine, je fais la cuisine ou je nettoie la voiture », raconte Eline, 14 ans, désormais en 3e. Comme elle, beaucoup d’ados touchent des récompenses sonnantes et trébuchantes lorsqu’ils remplissent certaines missions ou réalisent des objectifs fixés par leurs parents. Selon un sondage Pixpay * révélé par 20 Minutes, les parents rémunèrent leurs ados d’abord lorsqu’ils effectuent des tâches ménagères (dans 78 % des cas), telles que le ménage, la cuisine, le jardinage, le bricolage… Ils sont aussi prêts à mettre la main à la poche pour récompenser financièrement un bon comportement (12 %) ou des bonnes notes (10 %).

Mais ils ne rétribuent pas ces missions de la même manière. Ce qui rapporte le plus aux ados sont les devoirs faits ou les bonnes notes (payés en moyenne 18 euros), alors qu’un bon comportement leur rapporte 6 euros en moyenne ou une tâche ménagère 5 euros. Une carotte qui est encore plus grosse quand il s’agit d’examen, car le fait de réussir au brevet est en moyenne récompensé par 40 euros et de décrocher son bac par 65 euros.

« Il n’est pas conseillé de mettre en place ce système avant que l’enfant entre en 6e »

Des sommes versées ponctuellement, mais qui finissent par constituer un petit pécule. « En général, je touche 5 euros pour les tâches ménagères et 15 euros quand je garde ma sœur. Cela s’ajoute à mes 10 euros d’argent de poche mensuel et me permet d’économiser pour m’acheter des choses », témoigne ainsi Eline.

Une pratique qui est loin d’être rare, car un tiers des parents donnent de l’argent à leur ado pour la réalisation de certaines tâches, selon une précédente étude de Pixpay**. Et qu’il faut limiter, prévient Laurence Peltier, psychologue : « Il n’est pas conseillé de mettre en place ce système de rémunération contre mission avant que l’enfant entre en 6e. Et il ne faut pas le proposer pour n’importe quelle mission. Certaines tâches font partie de la vie collective et doivent être effectuées bénévolement, comme ranger sa chambre, mettre le couvert, débarrasser… Il ne faut pas que l’adolescent ait l’impression que tout est source de rémunération, que tout lui est dû ». Un avis que partage Eline : « Je n’ai pas l’habitude d’être payée pour tout ce que je fais. Débarrasser la table ou vider le lave-vaisselle, c’est tout à fait normal de la faire sans rien obtenir en retour. »

« Je déconseille de récompenser les bonnes notes »

Selon Laurence Peltier, une vigilance particulière s’impose sur le domaine scolaire : « Je déconseille de récompenser les bonnes notes, car il faut que l’adolescent comprenne qu’il travaille pour lui. Et en cas de mauvaise note, il aura l’impression d’écoper d’une double punition. Ça peut contribuer à renforcer la mauvaise image de soi. »

En revanche, selon elle, donner un peu d’argent à un enfant pour le brevet ou le bac ne pose pas de problème. « Car cela marque la fin d’une période scolaire, on n’est pas dans la motivation du quotidien ». D’après Laurence Peltier, les tâches qui peuvent être rétribuées « sont celles plus exceptionnelles, qu’on aurait pu confier à un employé. Comme ranger la cave, laver les vitres, tondre la pelouse. Et il faut que les parents émettent un commentaire qualitatif une fois le travail effectué. » Une manière de valoriser l’effort fourni, en dehors de l’aspect purement pécuniaire.

* Etude réalisée du 20 avril au 19 juillet 2021 sur les utilisateurs de l’application Pixpay concernant 5.671 missions planifiées dans l’application par les parents et réalisées par leurs ados contre rémunération.

**Etude de l’institut Poll & Roll réalisée du 28 juin au 1er juillet 2019 pour Pixpay sur la rémunération des tâches faite par les ados sur un échantillon de 500 personnes représentatives de la population âgée de 18 ans et plus via un questionnaire autoadministré en ligne.