Lyon : Avec ses frigos connectés, Fricots fait le pari du zéro déchet sur la pause déjeuner

SUCCESS STORY Née à Givors, la start-up Fricots a conçu un frigo connecté proposant des plats locaux dans des bocaux en verre réutilisables. L’entreprise est l’une des lauréates d’un appel à projets de la Métropole de Lyon sur la réduction des déchets

Jennifer Lesieur
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Un frigo connecté à la CAF du Rhône.
Un frigo connecté à la CAF du Rhône. — FRICOTS
  • La jeune start-up Fricots innove en proposant aux entreprises des frigos connectés pour des pauses déjeuner éthiques.
  • Les repas sont préparés par des producteurs locaux et conditionnés dans des bocaux en verre consignés.
  • Après la région lyonnaise, l’entreprise givordine souhaite se développer dans toute la région Auvergne Rhône-Alpes.

La pause déjeuner, c’est salvateur. Mais ça peut aussi devenir très polluant. En France, un tiers des salariés ramène son repas dans une boîte réutilisable. Les deux tiers restants déjeunent à l’extérieur : « c’est long, peu éthique et plein de plastique », note Romain Lhortolat, qui a trouvé la parade. Lui et trois associés – son frère Sébastien, Léonard Lenglemetz et Romain Guizy – ont créé Fricots, une start-up née à Givors ( Rhône) en 2019 autour d’un frigo connecté proposant des repas locaux dans des bocaux en verre réutilisables. Objectif : zéro déchet.

Le concept est simple mais futé : grâce à une application, le salarié ouvre la porte du frigo, choisit son repas, le règle par le moyen de son choix. A la fin de sa pause, il place son bocal vide dans un petit meuble à consigne. Quand la machine est ravitaillée, les bocaux sont récupérés, lavés et prêts à repartir pour un cycle.

Un frigo connecté à la CAF du Rhône.
Un frigo connecté à la CAF du Rhône. - FRICOTS

Le frigo en lui-même est innovateur, comme l’explique Romain Lhortolat : « Nous sommes les seuls à faire une détection par capteurs RFID : on a développé notre propre technologie pour ne pas avoir à mettre une puce sur chaque bocal, qui serait jetée par le salarié une fois qu’il a fini son repas. Il n’y a donc pas de déchets électroniques non plus. »

Des repas fournis par des producteurs locaux

Mais Fricots ne s’arrête pas là dans son pari environnemental. Derrière cette vitrine intelligente sont proposés des repas en circuit court : « Sur les plats aussi nous réduisons l’impact en kilomètres et en carbone, puisqu’ils sont tous produits dans les Monts du Lyonnais, par les producteurs eux-mêmes. » Le menu n’en est que plus économique, à partir de 7,70 euros.

Du côté des entreprises, Fricot a déjà convaincu Maison Jouffre, designer haut de gamme à Villeurbanne, mais aussi la CAF du Rhône qui doit nourrir 800 agents par jour. « Nos cibles vont de 30 à 1.000 salariés, précise Romain Lhortolat, on adapte le nombre de vitrines sur les frigos en fonction du nombre. » Il faut savoir que les locaux d’une cantine coûtent cher en centre-ville ; avec cette offre alternative, l’entreprise n’a aucun investissement à faire. « C’est un service bien moins cher que toutes les autres options. »

Toutes les bonnes cases éco-friendly

Enfin, une cantine d’entreprise prend de la place, tandis que Fricots propose un format de frigo classique, avec une contenance de 50 repas sur une surface d’un mètre carré. « On peut également se trouver dans des halls d’immeubles, comme à la Part Dieu où certains sont partagés par plusieurs entreprises. »

Offre locale et sans déchet, gain de place, d’électricité, de temps et d’argent : Fricots coche toutes les bonnes cases environnementales. Leur concept leur a valu d’être lauréats d’un appel à projets pour la réduction des déchets organisé par la Métropole de Lyon : leur récompense, un soutien financier pendant 18 mois, leur a été remise au salon Pollutec, jeudi 14 octobre à Lyon. Après la région lyonnaise, Fricots a déjà noué des contacts pour bien nourrir les salariés d’Auvergne-Rhône-Alpes.