Université : Frédérique Vidal présente un plan d’action contre les violences sexuelles et sexistes

SEXISME Ce plan contre les violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement supérieur arrive quelques semaines après des révélations sur le traitement des femmes à CentraleSupélec

20 Minutes avec AFP
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La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal.
La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. — Louise MERESSE/SIPA

Un plan national d’action contre les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche a été lancé ce vendredi pour que la « peur change de camp », a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. « Il faut qu’il y ait plusieurs lieux de recueil de la parole », institutionnel ou associatif. Pour cela, un « plan massif de formation », financé par l’Etat, « commence aujourd’hui même pour tous les établissements », a-t-elle indiqué sur France Info. Le budget de 7 millions d’euros sur cinq ans alloué à ce plan pourra servir à des associations pour qu’elles viennent « recueillir la parole ».

Ce plan doit également s’appuyer sur une cellule, au ministère, pour accompagner juridiquement les établissements. « Il faut à la fois prendre en charge psychologiquement les victimes (… ) et les accompagner pour qu’elles aillent porter plainte », estime Frédérique Vidal. Le lancement de ce plan intervient une semaine après la révélation d’une centaine de faits de harcèlements sexuels, agressions sexuelles et viols sur l’année universitaire à CentraleSupélec, qui a motivé l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Professionnaliser les missions de veille et de recueil de la parole

De nombreuses écoles ont mis en place des cellules d’écoute mais « elles étaient très peu utilisées », avec très peu de plaintes déposées car « la honte est toujours du côté de la victime », dit la ministre. En cas d’étudiant soupçonné de viol, « il ne faut pas toujours que ce soit la victime qui soit déplacée, change de cours ou d’établissement. On peut aussi réorganiser les choses », tout en, « évidemment, respectant la présomption d’innocence ».

En février dernier, le mouvement #sciencesporcs lancé par des étudiants se disant victimes ou témoins de comportements et de violences sexistes dans des Instituts d’études politiques de France avait déferlé sur les réseaux sociaux. Frédérique Vidal avait diligenté une mission d’inspection. Cette dernière a préconisé fin juillet à dépasser la simple prise de conscience pour professionnaliser les missions de veille et de recueil de la parole.