Meurtre de Magali Blandin: Les parents de son mari savaient qu'il voulait la tuer

ASSASSINAT Mis en examen pour complicité, les retraités ont été confrontés à leur fils pendant sept heures mardi devant un juge d'instruction

C.A. avec AFP
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D'importantes recherches avaient été menées en février et mars pour retrouver Magali Blandin. La mère de famille aurait été tué par son mari Jérôme Gaillard, avec la complicité de ses parents.
D'importantes recherches avaient été menées en février et mars pour retrouver Magali Blandin. La mère de famille aurait été tué par son mari Jérôme Gaillard, avec la complicité de ses parents. — Mathieu Pattier/SIPA/DR
  • Lors de la confrontation face au juge, Monique et Jean Gaillard ont reconnu avoir été informés du projet criminel de ce dernier avant Noël 2020.
  • Leur fils leur avait avoué avoir mandaté des tueurs à gages géorgiens pour exécuter sa femme contre une somme de 20.000 euros, prêtée par ses parents.
  • Mis en examen le 21 mars, ce dernier  a avoué avoir tué sa femme, une éducatrice spécialisée de 42 ans, le 11 février.

Ils savaient tout et ils n’ont rien dit. Ils ont même décidé de l’aider, à la fois financièrement, mais aussi physiquement, en lui fournissant des alibis. Les parents de Jérôme Gaillard, mis en examen le 21 mars à Rennes pour avoir assassiné sa femme Magali Blandin, ont reconnu être au courant du projet criminel de leur fils. Agés de 72 et 75 ans, ces retraités avaient été mis en examen pour « complicité de meurtre par conjoint » et « tentative de meurtre par conjoint ». Lors d’une confrontation avec leur fils qui s’est tenue le 12 octobre et a duré près de sept heures, le couple a reconnu avoir prêté de l’argent et couvert les actes de Jérôme Gaillard.

Mis en examen le 21 mars, ce dernier est accusé d'avoir tué sa femme, une éducatrice spécialisée de 42 ans, le 11 février. Lors de sa garde à vue, il avait avoué avoir frappé sa femme, dont il était séparé, avec une batte de base-ball à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) avant de tenter de se débarrasser du corps. Le cadavre avait été retrouvé quarante jours après le meurtre dans une zone boisée de Boisgervilly, non loin du domicile de Jérôme Gaillard. Les quatre enfants du couple avaient été placés un peu plus tôt. « Il ne supportait pas qu’elle le quitte », avait fait savoir son avocat au moment de son incarcération. La victime avait déposé une plainte pour violences conjugales quelques mois avant d’être tuée.

Lors de la confrontation face au juge, Monique et Jean Gaillard ont reconnu avoir été informés du projet criminel de ce dernier avant Noël 2020. Leur fils leur avait avoué avoir mandaté des tueurs à gages géorgiens pour exécuter sa femme contre une somme de 20.000 euros, prêtée par ses parents. Jérôme Gaillard a expliqué avoir usé « de chantage et manipulation psychologique » à l’encontre de ses parents.

Le père était chez son fils pour lui servir d’alibi

Selon plusieurs sources Jérôme Gaillard se montrait agressif envers ses parents, à qui il faisait peur. Ces derniers auraient agi sous son emprise, et par peur de perdre un second enfant après le suicide de leur fils aîné dix ans auparavant, lui aussi en instance de divorce. « Ils ont longtemps espéré que leur fils ne passe jamais à l’acte mais ils ont perdu complètement le fil et n’avaient plus la possibilité de le faire revenir à la raison », a déclaré une source.

Le domicile de Jérôme Gaillard, mari de Magali Blandin, à Montauban-de-Bretagne, à l'ouest de Rennes.
Le domicile de Jérôme Gaillard, mari de Magali Blandin, à Montauban-de-Bretagne, à l'ouest de Rennes. - Mathieu Pattier / SIPA

Selon une autre source, les parents et les enfants du suspect étaient au courant de la date du passage à l’acte. « Le père du suspect a servi d’alibi en se rendant au domicile de son fils pour faire croire qu’il était chez lui alors qu’il exécutait sa femme », a-t-elle déclaré. Le père aurait passé quelques coups de téléphone et utilisé Internet pour simuler la présence de son fils à son domicile.