Rennes : « Le tout vélo n’est pas une réponse »… Le monde économique défend la place de la voiture en ville

POLEMIQUE Les commerçants et les artisans critiquent la politique de la mairie en faveur des mobilités douces et dénoncent un manque de concertation

Jérôme Gicquel
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Les commerçants dénoncent la décision de la mairie de supprimer le parking Vilaine.
Les commerçants dénoncent la décision de la mairie de supprimer le parking Vilaine. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • En pleine polémique sur les bouchons, la maire de Rennes a défendu ses choix politiques en faveur des mobilités douces.
  • Le monde économique s’inquiète de son côté de la place réservée à la voiture en ville qui se réduit comme peau de chagrin.
  • Ils déplorent aussi le manque de concertation de la ville.

Il aura suffi d’un classement d’Auto Plus publié la semaine dernière pour faire sauter le bouchon. Selon le magazine, qui s’est appuyé sur des données du GPS TomTom, Rennes a été en septembre la ville la plus embouteillée de France. Une fois le constat dressé, et partagé par de nombreux automobilistes, les critiques se sont alors abattues sur la mairie, accusée tour à tour de favoriser ces bouchons ou de mener une politique anti-voiture. Ne niant pas les difficultés, la maire Nathalie Appéré a vite répondu à ses détracteurs et assumé ses choix politiques en faveur des modes doux. « On ne résoudra pas le problème en créant de nouvelles infrastructures routières », avait-elle affirmé en début de semaine.

Si le message n’était pas bien passé, l’élue socialiste a encore enfoncé le clou jeudi en exhortant les Rennais et les Rennais à changer leurs habitudes et à laisser leur voiture au garage. « Pour l’environnement, le cadre de vie, le commerce, la sécurité et la santé, et plus largement pour notre avenir et celui de nos enfants, l’heure est à l’action », écrit la maire, vantant la politique des transports mise en place sur le territoire.

Le centre-ville trop galère pour certains artisans

Dans le monde économique, ces propos n’ont pas manqué de faire réagir. Depuis plusieurs mois, commerçants, artisans et autres professions libérales s’inquiètent de la place réservée à la voiture en ville qui se réduit comme peau de chagrin. Avec des conséquences sur la santé économique de leurs entreprises. « Certains artisans ne veulent même plus venir travailler à dans le centre-ville tellement c’est devenu compliqué de circuler et de stationner », alerte Philippe Plantin, président de la Chambre des métiers et de l’artisanat d’Ille-et-Vilaine.

« On parlait avant des problèmes de stationnement mais on a maintenant un problème d’accès, les clients ne peuvent plus accéder au centre-ville qui demeure pourtant le premier pôle commercial de Bretagne », souligne Emmanuel Thaunier, président de la CCI d’Ille-et-Vilaine.

« Penser aussi à ceux qui habitent en dehors du centre-ville »

Ils pointent notamment du doigt la suppression du parking Vilaine, la saturation des parkings relais ou la réduction du nombre de voies pour favoriser la pratique du vélo. « Le tout vélo n’est pas une réponse pour tout le monde, il faut aussi penser à ceux qui habitent en dehors du centre-ville et qui ont besoin de leur voiture pour y accéder », indique Hervé Kermarrec, président du Medef Bretagne. « Si ça se complique encore, la ville va perdre de son attractivité. On tire donc la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard », ajoute Nicolas Duforeau, président de l’Union des entreprises 35.

Outre les aménagements, ils dénoncent aussi la méthode employée par la ville et fustigent le manque de concertation. Espérant être entendus par les élus, ils devraient faire connaître leurs propositions dans les prochaines semaines.