Pas-de-Calais : Interdiction de rassemblements automobiles, la pilule passe mal chez les fans de tuning

INTERDICTION La préfecture du Pas-de-Calais a pris un arrêté interdisant les rassemblements automobiles pour éviter les courses sauvages

Gilles Durand
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Illustration d'un drift (dérapage).
Illustration d'un drift (dérapage). — Craig McAllister / SIPA

Les associations de tuning en colère. Ces amoureux des voitures personnalisés digèrent mal le nouvel arrêté de la préfecture du Pas-de-Calais, interdisant les rassemblements de tuning et de runing pendant tout le mois d’octobre, sur les arrondissements de Béthune et de Lens.

Fin juin, une précédente interdiction de rouler des mécaniques avait déjà été prise par la préfecture pour un week-end. En cause, les « drifts » (dérapages), « burns » (accélération sur place) et « runs » (courses de vitesse) qui avaient donné lieu à une centaine de verbalisations, dès le premier soir.

Opérations dissuasives

Le mois d’octobre semble plus calme. Cette fois, « aucun rassemblement de tuning n’a été recensé au sein des arrondissements » et « les opérations mises en place par les forces de police ont été dissuasives », assure la préfecture.

Néanmoins, « si les appels à ce type de manifestation persistent, l’arrêté sera prolongé », note l’autorité, l’objectif étant d’éviter les drames comme celui qui s'est produit à Libercourt, entraînant la mort d’un spectateur, en septembre.

Contacté par 20 Minutes, le porte-parole d’un important club de tuning de l’ex-bassin minier s’énerve de suite. « Il faut arrêter d’associer les réunions de tuning avec les courses sauvages qui provoquent des morts, ça n’a aucun rapport », assène-t-il, avant de mettre fin à la discussion.

« La préfecture se trompe de cible »

Une position que partage, plus calmement, une fan de tuning. « Il peut y avoir quelques débordements, mais ce ne sont pas ces assos qui organisent des rodéos sauvages. La préfecture se trompe de cible. »

Pourtant, l’autorité n’en démord pas. « L’exposition de voitures est soumise à des règles, en particulier l’accord du propriétaire du terrain, ce qui n’est pas souvent le cas, précise-t-elle. En outre, les participants ne se contentent pas de montrer leurs véhicules, ils se livrent aussi à des runs, pendant l’exposition ou après, ce qui peut être particulièrement dangereux ».

Deux points de vue irréconciliables. Jusqu’à quand ?