Saint-Jean-de-Luz : Les migrants fauchés par un train cherchaient à échapper à des contrôles

ENQUETE Le seul rescapé d’un groupe de quatre migrants fauchés par un train mardi matin près de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), a indiqué qu’ils avaient emprunté les voies ferrées pour échapper à d’éventuels contrôles de police

20 Minutes avec AFP
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Un train TER
Un train TER — GILE Michel/SIPA

Le seul rescapé du drame s’est exprimé succinctement, mercredi. Il a expliqué que lui et les trois migrants morts fauchés par un train mardi près de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), s’étaient réfugiés sur les voies pour échapper à d’éventuels contrôles, a indiqué le procureur de Bayonne Jérôme Bourrier mercredi soir.

Mardi vers 5 heures, trois migrants, très probablement de nationalité algérienne, sont morts fauchés par un TER au sud de la gare de Saint-Jean-de-Luz, alors qu’ils semblaient se reposer sur les voies. Un quatrième homme avec eux, également algérien, très grièvement blessé dans l’accident, a pu donner, depuis son lit d’hôpital, un début d’explication concernant leur présence sur ces voies.

Le groupe s’était constitué un peu plus tôt en Espagne

Il a confirmé aux enquêteurs de la police judiciaire de Bayonne que le groupe avait emprunté les voies ferrées pour échapper à d’éventuels contrôles de police. Selon ce rescapé, les quatre hommes s’étaient arrêtés pour se reposer, se sont endormis et n’ont pas vu le train arriver.

L’homme n’a en revanche pas été en mesure de donner les identités des trois victimes. « Le petit groupe s’était constitué un peu plus tôt en Espagne et ils ne se connaissaient pas les uns les autres », a expliqué le procureur.

Rassemblement de 200 personnes pour rendre hommage aux victimes

Ce mercredi soir, environ 200 personnes se sont rassemblées devant la gare de Saint-Jean-de-Luz, à l’appel d’associations locales d’aides aux migrants, pour rendre hommage aux victimes de ce drame.

Selon Amaia Fontang, présidente d’Etorkinekin, un collectif qui fédère 13 groupes d’accompagnements des migrants au Pays basque, interrogée mardi par l’AFP, le drame est survenu après « une journée de pression policière importante dans plusieurs points du Pays basque », qui « pourrait expliquer que ces migrants aient cherché à se réfugier à un endroit pour être tranquilles ».

L’Espagne est l’une des principales portes d’entrée en Europe pour les migrants, et le Pays basque est l’un des importants points de passage, théâtre de drames comme en août et en mai, avec la mort de deux migrants qui tentaient de traverser le fleuve frontière Bidassoa pour passer en France.