Montpellier : Pour Gérald Darmanin, « il y a des questions qu'on ne pose pas » aux victimes de viol

POLICE Le ministre a demandé à ses services d'enquêter sur les accusations portés au commissariat de Montpellier sur la prise en charge des victimes

N.B.
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Le commissariat de Montpellier (illustration)
Le commissariat de Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Gérald Darmanin s’est exprimé mardi sur les accusations portées au commissariat de Montpellier sur la prise en charge des victimes de viols et d’agressions sexuelles.
  • « Il y a des questions qu’on ne pose pas » aux victimes de viols, a-t-il indiqué.
  • Il a demandé à ses services d’enquêter, pour comprendre ce qui s’est passé.

Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, s’est exprimé, mardi, sur la mise en cause du commissariat de Montpellier (Hérault), depuis une quinzaine de jours, dans la prise en charge des victimes de viols et d’agressions sexuelles.

« Il y a des questions qu’on ne pose pas à des femmes, lorsqu’elles viennent déposer plainte », a indiqué devant la Commission des lois, mardi, le ministre. Des questions, poursuit-il, qui n’ont « rien à voir avec le fait que l’on ait été victime d’agression sexuelle ». « J’ai demandé (…) à la nouvelle DCSP [Directrice centrale de la sécurité publique] (…), jeudi et vendredi, d’aller voir ce qui s’est passé [à Montpellier]. Et on en tirera toutes les conséquences », a poursuivi Gérald Darmanin.

Un thread de la militante féministe Anna Toumazoff

A la fin du mois de septembre, la militante féministe Anna Toumazoff a mis en cause le commissariat de Montpellier, dans un thread sur Twitter et dans une story sur Instagram, dans leur prise en charge des victimes de viols. « Au commissariat central de Montpellier, on demande aux victimes de viol si elles ont joui. […] On explique aux victimes de viol qu’une personne qui a bu est forcément consentante », a notamment écrit la militante, qui fait référence à la plainte d’une jeune femme. D’autres témoignages ont été ensuite rapportés, sur les réseaux sociaux, mettant en cause le commissariat.

Le préfet, Hugues Moutouh, avait condamné « avec fermeté » ces propos qu’il juge « diffamatoires ». La police de l’Hérault avait, de son côté, dénoncé des propos qui « ne reflètent aucunement la réalité. Protéger les victimes est notre métier. En 2021, la cellule spécialisée dans les affaires de viol a traité 282 plaintes, 83 personnes ont été placées en garde à vue. » Selon la police, « toutes les victimes sont accueillies, entendues et orientées avec professionnalisme. Toutes les enquêtes sont menées avec impartialité (…). Nos locaux sont ouverts 24 h/24 et 7 J/7. »

Dimanche, une manifestation a eu lieu devant le commissariat de Montpellier, pour dénoncer la prise en charge des victimes de viols par les policiers.