Nantes : « Unique en son genre », l'étonnant spot d’escalade de la carrière Miséry attire

GRIMPE Une soixantaine de voies d'escalade sont désormais ouvertes sur ce site situé tout près du centre-ville de Nantes

Julie Urbach
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Une soixantaine de voies d'escalade sont accessibles en centre-ville de Nantes (ici au square Aubin)
Une soixantaine de voies d'escalade sont accessibles en centre-ville de Nantes (ici au square Aubin) — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Les falaises de la carrière Miséry et du square Aubin à Nantes sont de plus en plus prisées.
  • L'accès est libre et gratuit pour les grimpeurs expérimentés, mais il est aussi possible de s'initier à la pratique.

C’est un spot décrit comme « unique en son genre », situé en pleine ville, dans un département (la Loire-Atlantique) pourtant connu pour être le plus plat de France… A Nantes, un étonnant site d’escalade connaît un succès grandissant depuis l’ouverture d’un total d’une soixantaine de voies, de tous les niveaux, cet été. Au sein de la carrière Miséry et au square Aubin, juste à côté, les imposantes falaises granitiques du Sillon de Bretagne ont en effet été progressivement aménagées pour que les grimpeurs qui le souhaitent, nombreux en soirée mais aussi le week-end, puissent s’y mesurer.

« On est cuits, sourient Pierre et Dominique, qui enlèvent leurs baudriers après plusieurs heures de sport, sous un beau ciel bleu. Ça fait deux ans que l’on n’avait pas grimpé en falaise ! C’est très rare de pouvoir faire ça en ville. C’est une expérience géniale. »

Une soixantaine de voies d'escalade sont accessibles en centre-ville de Nantes (ici au square Aubin)
Une soixantaine de voies d'escalade sont accessibles en centre-ville de Nantes (ici au square Aubin) - J. Urbach/ 20 Minutes

« Un petit coup d’adrénaline »

En accès libre et gratuit pour les pratiquants expérimentés et équipés, le site (aménagé dans le cadre du programme municipal Nantes terrain de jeux, qui prône la pratique libre) propose également plusieurs voies pour les novices. Cet été, 300 personnes ont participé à des initiations, et des scolaires s’y sont aussi essayés. Mardi après-midi, c’est un groupe de collègues, encadrées par un membre du collectif de moniteurs d’escalade Ozaléo, qui sont venues se frotter au caillou de 15 mètres de haut. « Au départ, on se demande comment on va monter cette pente, mais finalement ça se fait ! raconte Natacha, l’une d’entre elles. Puis en redescendant, on se reprend un petit coup d’adrénaline. »

Au même moment, l’une des participantes arrive tout en haut, sous les applaudissements des autres. « C’est un endroit idéal pour commencer, estime Hervé Silhol, moniteur du jour et cadre technique à la Fédération française de montagne et d’escalade 44, qui gère le site. On a de la chance d’avoir un granite de très bonne qualité avec une bonne adhérence. Les débutants aiment quand ça accroche bien, il y a un côté rassurant. »

Une soixantaine de voies d'escalade sont accessibles en centre-ville de Nantes (ici à la carrière Miséry)
Une soixantaine de voies d'escalade sont accessibles en centre-ville de Nantes (ici à la carrière Miséry) - J. Urbach/ 20 Minutes

« Ça sent la nature, et non le vieux chausson »

« Amis de grimpe » depuis plusieurs dizaines d’années, Pierre et Didier, eux, apprécient surtout la nouveauté. Car ces retraités commençaient à être lassés de se rendre à Pont-Caffino, à une vingtaine de kilomètres au sud de Nantes, qui était jusqu’alors le site en plein air le plus proche de chez eux. Bien sûr, il est aussi possible de pratiquer l'escalade en salle, mais ce n’est pas vraiment pareil, estiment-ils. « Là, on sent quand même la nature, et non le plastique ou le vieux chausson, plaisante le binôme, au pied du rocher. Il y a une belle vue, on a de l’air… Le soir, on peut même profiter des concerts [donné au Hangar à Bananes, de l’autre côté de la Loire]. Quand c’est du rock, ça nous va ! »

A terme, dix nouvelles voies pourraient ouvrir chaque année à la carrière Miséry, même si le Jardin extraordinaire qu’elle abrite doit quand même garder de l’espace pour accueillir l’Arbre aux Hérons, en 2027. Car en face, la demande du public pour ce sport ne fait qu'augmenter, boostée par la pratique de l’escalade de bloc et dernièrement les Jeux olympiques. « Nous comptons 2.500 licenciés en Loire-Atlantique, mais on serait en fait autour de 10.000 grimpeurs, estime Hervé Silhol. Il faut dire que c’est une discipline physiquement très complète, avec un côté ludique. On prend plaisir à s’affronter soi-même, tout en partageant un bon moment avec les autres. »