Calais : Un prêtre et 2 militants en grève de la faim contre les démantèlements de camps de migrants

IMMIGRATION Un prêtre de 72 ans et deux bénévoles d’associations d’aide aux migrants ont entamé, lundi, une grève de la faim pour dénoncer les « formes de violences psychologiques et physiques » infligées aux exilés de Calais

20 Minutes avec AFP
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Opération de police à Calais (illustration).
Opération de police à Calais (illustration). — MikaÎl Libert / 20 Minutes
  • Trois personnes ont entamé, lundi, une grève de la faim en soutien aux migrants de Calais.
  • Un prêtre et deux militants associatifs réclament notamment l’arrêt des démantèlements de camps aux cours de la période hivernale.
  • Les grévistes souhaitaient une action radicale, mais non violente, pour se faire entendre.

Un prêtre et deux militants associatifs ont annoncé entamer une grève de la faim, à Calais, pour réclamer l’arrêt des démantèlements des camps de migrants pendant la période hivernale. Ils souhaitent aussi l’ouverture d’un « dialogue » avec l’État sur le traitement des exilés.

« Il y a un durcissement très net de la maltraitance des exilés. C’est une façon pour nous de dire qu’il faudrait que ça s’arrête », a expliqué Philippe Demeestère, aumônier du Secours catholique pour le Pas-de-Calais. En compagnie des deux militants, ce prêtre jésuite de 72 ans, qui vit à Calais depuis 2016, a entamé une grève, lundi après-midi, dans l’église Saint-Pierre.

Une trêve hivernale y compris pour les campements de migrants

L’homme d’Eglise dit assister « quotidiennement à des formes de violences psychologiques et physiques » : « expulsions toutes les 48h voire quotidiennes, confiscation et destruction des effets personnels, multiplication des arrêtés anti-distribution de nourriture et d’eau, humiliations, coups et blessures de la part des forces de l’ordre… », énumère-t-il dans un communiqué.

L’initiative vise à obtenir l’arrêt des expulsions et des démantèlements pendant la période hivernale, de la confiscation des tentes et des effets personnels des migrants et l'« ouverture d’un dialogue entre les autorités publiques et les associations ».

« C’est déjà une victoire de s’être rassemblés pour cette cause en tant que Français ». Si les autorités font la sourde oreille, « on trouvera d’autres moyens de manifester qu’on est ensemble pour cette cause », ajoute Philippe Demeestère.

Face à la « radicalisation de l’Etat », « on a voulu faire une action radicale aussi mais non violente en espérant être entendus », confie aussi à l’AFP Anaïs, militante associative de 35 ans. L’idée est « de rétablir le dialogue » qui a disparu au profit de « la répression constante », ajoute Ludovic, 38 ans.

L’action a été lancée quelques jours après la publication d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW), selon lequel l’Etat soumet les migrants à une « humiliation et un harcèlement quotidiens » à Calais et ses environs. Selon la mairie et les associations, ce sont environ 1.500 migrants qui se trouvent dans le calaisis en attendant de pouvoir passer illégalement en Grande-Bretagne.