Manque d’enseignants, locaux dégradés… « Oubliés », les étudiants en Staps tirent la sonnette d’alarme

EN COLÈRE Face au manque d’enseignants et au nombre croissants d’élèves, les étudiants en sports (Staps) alertent le ministère de l’Education. Ils se mobilisent ce mercredi dans toute la France

Pierre-Alexandre Aubry
Chaque mardi, les étudiants en STAPS de Nantes se réunissent pour une minute de silence. Ils réclament de meilleures conditions d'enseignement.
Chaque mardi, les étudiants en STAPS de Nantes se réunissent pour une minute de silence. Ils réclament de meilleures conditions d'enseignement. — AE STAPS Nantes
  • En France, les étudiants en Staps sont en colère face au manque de moyens
  • Une mobilisation nationale est prévue ce mercredi dans plusieurs grandes villes.

Les Staps sont à bout de souffle. Face au manque de moyens matériels et aux problématiques d’encadrement, les étudiants français de la filière des sciences et techniques des activités physiques et sportives poussent un coup de gueule, pour ne plus être « les oubliés » de l’université. « Et encore, à Nantes, on se sent chanceux par rapport à Rennes ou Toulouse, où les infrastructures sont en très mauvais état », pointe Sophia Mezouani, secrétaire générale de l’association des étudiants en STAPS de Nantes.

A Rennes, plusieurs étudiants de la filière décrivent des conditions d’enseignement dans « de vieux préfabriqués dignes de vestiges préhistoriques » et un matériel de musculation « dangereux pour les élèves ».

Un enseignant pour 40 élèves

Surtout, les étudiants de la filière pointent du doigt le manque d’enseignants, et s’estiment en sous-effectif « par rapport à d’autres filières ». Car malgré la fin du tirage au sort pour les entrées en fac de sports depuis 2018, les candidatures restent toujours plus nombreuses, et la proportion d’étudiants reste nettement supérieure à la capacité d’encadrement. « A Nantes, nous sommes très demandés. A un moment, on arrive à bout. Il y a environ dix fois plus de candidats qu’il n’y a de place », indique Stéphane Bellard, directeur de l’Unité de formation et de recherche Staps de Nantes. Il évoque un taux d’encadrement d’un enseignant pour 40 élèves, contre 17 en moyenne à l’université en France.

« En dix ans, le nombre d’étudiants en Staps a presque doublé ». Mais les moyens, eux, n’ont pas vraiment suivi. Depuis 2018, la filière a ouvert 140 places supplémentaires en première année. « Nous avons obtenu les postes dont nous avions besoin pour y faire face. Mais cela ne règle pas le déficit d’enseignants, qui est chronique », précise le directeur nantais.

La filière attire toujours plus

560 étudiants rejoignent les amphithéâtres des « Stapsiens » de Nantes chaque année. « Le problème, c’est aussi que la filière devient de plus en plus attractive », explique Sophia Mezouani, qui est également étudiante en Master dans cette filière. « Ce sont des études pluridisciplinaires et basées sur une passion : la pratique sportive. On arrive à convaincre qu’il y a de l’insertion professionnelle dans les métiers du sport », ajoute Stéphane Bellard.

Mais pour répondre à ce besoin et offrir un niveau d’étude de qualité, les étudiants de la filière, au travers du mouvement national « Staps oubliés », demandent au Ministère de l’Éducation d’agir. Ce mercredi, une mobilisation des étudiants sportifs est prévue partout en France. « Donnez-nous des enseignants et laissez-nous étudier dans de bonnes conditions ! », réclament-ils.