Mort de Samuel Paty : « Il cherchait le meilleur moyen de faire réfléchir », selon sa sœur

SOUVENIR La sœur de l’enseignant assassiné a accordé un entretien exclusif au journal « La Croix », près d’un an après les faits

20 Minutes avec AFP
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Un an après sa mort, les hommages à Samuel Paty vont se succéder dans les jours qui viennent.
Un an après sa mort, les hommages à Samuel Paty vont se succéder dans les jours qui viennent. — AFP

Alors que les commémorations autour de la mort de Samuel Paty, assassiné il y a un an pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, une de ses sœurs a dressé son portrait dans un entretien ce lundi au quotidien La Croix. Elle y décrit son frère comme un « puriste », « courageux », qui « cherchait le meilleur moyen de faire réfléchir ». Il s’agit du premier entretien accordé à la presse par un membre de la famille du professeur d’histoire-géographie, poignardé puis décapité le 16 octobre 2020 près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par un jeune réfugié tchétchène radicalisé, tué peu de temps après par la police.

Selon sa sœur, personne dans la famille n’a « jamais été au courant de rien de ce qu’il a vécu durant la première quinzaine d’octobre ». « Il n’en avait pas parlé à mes parents. Ma mère avait seulement relevé qu’il appelait un peu moins régulièrement », rapporte Gaëlle Paty. Interrogée sur le choix de son frère de montrer les caricatures à ses élèves, la libraire a répondu : « je ne les aurais pas montrées. Ou alors pas celles-là. Parce que je ne suis pas très courageuse… Je n’aurais pas osé aller à l’opposition frontale avec certains élèves. Samuel l’a fait, parce que c’est un puriste ».

Premier contact tardif avec les autorités

Elle décrit son frère comme un enseignant méticuleux et féru d’histoire, qui avait lu le Coran. « Il avait demandé à mes parents de lui rapporter un Coran de leurs vacances en Tunisie (…) Samuel n’était pas croyant, mais il voulait comprendre la foi des autres et savoir ce qui était écrit et ce qui ne l’était pas », explique-t-elle, ajoutant qu’il avait discuté de ce cours avec sa mère, elle aussi enseignante.

Le jour de sa mort, Gaëlle Paty affirme avoir eu son premier contact avec les autorités après minuit. « Nous avons tout appris par la presse, y compris sa mort. C’est l’une des choses que nous n’allons jamais digérer », regrette-t-elle.