Peine de mort : Macron annonce « relancer le combat pour l’abolition universelle » lors de la présidence de l’UE en 2022

ANNONCE Le président de la République célébrait les 40 ans de l’abolition de la peine de mort en France, aux côtés notamment de Robert Badinter

20 Minutes avec AFP
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Le président Emmanuel Macron à Montpellier, le 8 octobre 2021.
Le président Emmanuel Macron à Montpellier, le 8 octobre 2021. — AFP

Un vœu pieu pour le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France ?  Emmanuel Macron​ a annoncé ce samedi que la France allait « relancer le combat pour l’abolition universelle » de la peine de mort en organisant une « rencontre au plus haut niveau » pour « convaincre » les dirigeants des pays l’appliquant encore de « l’urgence de l’abolir ».

Il a indiqué que dans le cadre de la présidence française de l’UE, au premier semestre 2022, la France allait organiser « à Paris avec l’ONG Ensemble contre la peine de mort, une rencontre au plus haut niveau rassemblant les sociétés civiles des Etats appliquant encore la peine de mort ou un moratoire afin de convaincre leurs dirigeants de l’importance et de l’urgence de l’abolir ».

« Elle ne défend pas la société, elle la déshonore »

« Je vous annonce en ce 9 octobre 2021 que la France va relancer le combat pour l’abolition universelle », a déclaré le chef de l’Etat dans un discours prononcé au Panthéon pour marquer le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France.

Avant lui, Robert Badinter, l’ancien garde des Sceaux qui avait fait voter l’abolition en 1981, avait affirmé sa « conviction absolue : la peine de mort est vouée à disparaître dans le monde car elle est une honte pour l’humanité ». « Elle ne défend pas la société, elle la déshonore », a-t-il ajouté d’une voix ferme sous la coupole du Panthéon. « Vive l’abolition universelle ! », a-t-il conclu.

Emmanuel Macron a rappelé que, en 1981, la France avait été « le 35e Etat à abolir la peine de mort ». « 106 Etats ont à ce jour emprunté cette voie quand 50 autres respectent un moratoire de droit ou de fait sur les exécutions », a-t-il précisé. Mais il a déploré que « 483, un nombre certainement sous-évalué, exécutions » aient été perpétrées dans le monde en 2020. « 483 meurtres d’Etat administrés par 33 régimes politiques qui ont pour la plupart en commun un goût partagé pour le despotisme, le rejet de l’universalité des droits de l’Homme », a-t-il estimé, alors que la peine de mort est en vigueur en Chine, aux Etats-Unis ou en Inde.

Un combat de longue haleine

A l’issue du discours, le chef de l’Etat et Robert Badinter ont visité l’exposition « Un combat capital » qui retrace l’histoire du combat politique pour l’abolition de la peine de mort en France, du XVIIIe siècle à nos jours. Parmi les quelque 200 invités ayant pris place sous la coupole du Panthéon, figuraient le Premier ministre Jean Castex, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, les présidents de l’Assemblée nationale Richard Ferrand et du Sénat Gérard Larcher, mais aussi des anciens collaborateurs et ministres de François Mitterrand comme Pierre Joxe, Hubert Védrine et Jean-Louis Bianco. Des membres de la famille Badinter étaient également présents.

Le projet de loi sur l’abolition de la peine de mort a été adopté par l’Assemblée nationale le 18 septembre 1981, quatre mois après l’élection de François Mitterrand à l’Élysée, puis le 30 septembre par les sénateurs. La mise au rebut de la guillotine était promulguée le 9 octobre.