Pédocriminalité dans l'Eglise : Les prêtres ont « l'impérieuse obligation » d'alerter, estime Eric Dupond-Moretti sur le secret de la confession

SECRET DE LA CONFESSION Alors que les révélations du rapport Sauvé sur le nombre de victimes de la pédocriminalité au sein de l’Eglise vire au débat sur le secret de la confession, le ministre de la Justice s’est montré ferme sur LCI

X. R. avec AFP
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Le ministre de la Justice s'est montré très clair : le secret de la confession passe après la loi.
Le ministre de la Justice s'est montré très clair : le secret de la confession passe après la loi. — Alain JOCARD / AFP

Il est déjà loin le temps où, dans un frisson commun, saisi d’effroi, tout le monde prenait conscience de l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Eglise catholique française. Le rapport Sauvé estime à 216.000 le nombre de victimes des prêtres, et bien plus en comptant les agents laïcs de l’Eglise. La question du poids du silence, et de la difficulté à le briser, s’est alors posée. Le sujet est d’autant plus délicat qu’il y a un monde entre le fait de parler au sein de l' Eglise et celui d’entamer des poursuites judiciaires. C’est même en partie ce qui est reproché au culte, et qui a permis de tels agissements si longtemps. Et comment faire quand l’auteur est justement le prêtre de la paroisse ?

Mercredi, le président de la conférence des évêques, Monseigneur de Moulins-Beaufort, a pourtant affirmé que le secret de la confession était « plus fort que les lois de la République ». Une phrase qui n’a pas manqué de faire réagir, surtout dans un contexte où le débat sur le séparatisme religieux supposé de l’islam est régulièrement remis sur le tapis. Interrogé à ce sujet sur LCI, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti s’est montré très clair : « Si un prêtre reçoit dans le cadre de la confession, soit d’une victime, soit d’un auteur, la connaissance de l’existence de faits qui se déroulent (…) alors il a l’impérieuse obligation de mettre un terme à ces faits. »