Marseille : Le moulin de Pallières redonne farine et vie au vieux village des Pennes-Mirabeau

TOURISME Sur les hauteurs des Pennes-Mirabeau, le moulin de Pallières a totalement été rénové et peut fournir à l’année la boulangerie bio de la commune

Caroline Delabroy
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Le moulin de Pallières aux Pennes-Mirabeau
Le moulin de Pallières aux Pennes-Mirabeau — C.Delabroy/20 Minutes
  • Le moulin de Pallières, sur les hauteurs du vieux village des Pennes-Mirabeau, avait arrêté de fonctionner entre 1862 et 1866.
  • De moulin, il n’avait plus que l’allure, jusqu’à sa rénovation complète décidée en 2019. C’est aujourd’hui le seul de la métropole à pouvoir fonctionner à l’année, avec ou sans vent.
  • Passionné de culture provençale, le meunier fabrique à l’année de la farine pour la boulangerie bio du village et ouvre à la visiter les lieux.

Ses ailes tournent de nouveau au vent. Sur les hauteurs du vieux village des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), le moulin de Pallières a repris vie. Littéralement. Non seulement il tourne, mais il fabrique de la farine pour la boulangerie bio du coin : c’est le seul de la métropole de Marseille à pouvoir fonctionner à l’année. « C’était plus une carte postale qu’un vrai moulin », rembobine Jacques Palmesani, président du syndicat d’initiative qui, avec la ville, a œuvré à cette renaissance.

Une première restauration, il y a quarante ans, lui avait en effet redonné un toit et des ailes mais, à l’intérieur, cela restait une coquille vide. « Il a dû s’arrêter de fonctionner aux alentours de 1860-1866, à partir de là il n’y a plus de meunier référencé sur les Pennes, cela correspond à l’installation des minoteries industrielles sur Marseille et la région », poursuit-il. En 2019, la décision est prise de lancer une rénovation complète de ce moulin du XVIIIe siècle, en faisant appel à une société spécialisée de la région d’Angers.

Une toiture qui pivote à 360°

« L’objectif est de redynamiser le vieux village, de développer le tourisme sur la commune, déjà plusieurs artisans se sont installés », sourit Jacques Palmesani. Dès le mois de janvier, des visites guidées* vont être proposées les après-midi, et l’on pourra trouver la farine (3 euros le paquet de 1 kg) au syndicat d’initiative, qui va déménager dans un local près du moulin. Déjà à pied d’œuvre, le meunier Guy Lagier n’a pas attendu pour transmettre sa passion aux visiteurs curieux de pousser la porte (plus de 500 depuis cet été). Il a tout prévu, même des maquettes miniatures pour expliquer le fonctionnement de la nouvelle toiture, qui pivote à 360° pour orienter les ailes face au vent. Outre les étapes de transformation du blé en farine.

« C’est un moulin typiquement provençal, avec une tour en pierres et un toit qui tourne, de même que le blé, le seisseto, est une semence typique de Provence, que l’on cultive sur plusieurs parcelles de la commune », raconte-t-il avec l’accent à l’avenant. On lui doit aussi la rose des vents (en provençal) dessinée sur les murs de la chambre des meules, au premier étage du moulin. « Petit, j’allais à l’école à Saint-Antoine, dans les quartiers nord de Marseille, et on allait visiter le moulin de Daudet à Fontvieille avec sa rose des 32 vents de Provence, ça m’a marqué », souffle-t-il.

Sur la colline des Pennes Mirabeau, on ne retrouve pas exactement les mêmes vents. Et s’il en manque, le moulin peut fonctionner. Il est en effet équipé d’un moteur pour faire tourner le toit. « Le générateur se transforme en moulin électrique, je vais pouvoir produire de l’électricité qu’on pourra redistribuer dans le réseau de la colline », explique aussi Guy Lagier. Bref, un moulin vertueux et qui, sous les allures de l’ancien, a tout des technologies modernes. Avec l’assistance électrique qui peut prendre le relais du vent.

*Renseignements pour les visites guidées au 04 42 02 55 14. Tarif : 2 euros, et 1 euro pour les moins de 12 ans