« Nous préparons notre mariage », « cela nous a rendus plus complices »… Pour eux, la crise sanitaire a resserré les liens familiaux

PSYCHOLOGIE Malgré un contexte anxiogène, certains Français retirent du positif de la crise sanitaire. Notamment sur le plan familial

Delphine Bancaud
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Un mariage à Toulouse en 2020.
Un mariage à Toulouse en 2020. — GEORGES GOBET / AFP
  • La crise du Covid-19 n’a pas eu que des effets négatifs sur la vie personnelle des Français.
  • Certains d’entre eux estiment même qu’elle leur a permis de resserrer les liens familiaux, comme le montre un sondage* de l’institut Occurence réalisé pour Ici Barbès et que nous dévoilons ce jeudi.
  • Et ce que les Français ont vécu depuis mars 2019 va forcément laisser des traces. D’ailleurs, 75 % d’entre eux souhaitent davantage prendre soin de ceux qu’ils aiment.

Bien sûr, il y a eu les deux confinements, le couvre-feu, la crise économique, la vie sociale délitée, les proches touchés par la maladie, l’augmentation de la charge mentale pour les mères… Mais la crise du Covid-19 n’a pas eu qu’un impact négatif sur la vie des Français. Et certains en ont retiré des aspects positifs, notamment sur leur vie de famille.

Selon un sondage* de l’institut Occurence réalisé pour Ici Barbès que nous dévoilons ce jeudi, parmi les 31 % des Français qui font un bilan positif de la crise, l’une des principales raisons qu’ils donnent pour l’expliquer tient au fait de s’être recentrés autour de leurs proches. Même si des réunions familiales ont été reportées, les appels téléphoniques ont permis de garder le lien, voire de le renforcer. Et pour ceux qui vivent en couple ou avec des enfants, les relations se sont parfois enrichies.  « La crise les a amenés à revoir leurs priorités et à se concentrer sur l’essentiel, à savoir les membres de leur premier cercle, la famille », analyse Pierre Chavonnet, directeur du pôle marques et transformation d’Occurrence.

« Se retrouver à 4, dans notre bulle, cela nous a rendus encore plus complices »

Car s’il y a eu de nombreuses empoignades sur la vaccination, des parents à bout de forces à cause de l’école à la maison, ou des clashs avec belle-maman après trois semaines en autarcie, la famille a souvent été un refuge face aux incertitudes et au climat anxiogène véhiculé par cette pandémie. Et les confinements, les soirées lors du couvre-feu ont pu être des occasions de se redécouvrir. C’est ce qu’a vécu Leslie, qui a répondu à notre appel à témoins : « Pouvoir profiter de notre fille, née en décembre, et de sa grande sœur, a été un vrai plus. Se retrouver à 4, dans notre bulle, cela nous a rendus plus complices. Nous avons vu cette période comme une chance de profiter de tous ces moments où les enfants changent si vite. »

Audrey fait aussi partie de ceux qui ont vu leurs liens familiaux renforcés : « Le Covid-19 a resserré les liens dans ma famille. Être en télétravail, être avec mes 3 enfants toute la journée, c’était du jamais-vu. Certes, faire la dictée de l’un en aidant un autre à faire son devoir d’Histoire tout en gérant son équipe au travail, c’était compliqué, mais en même temps, être à la maison à 17h et profiter de moments ensemble pour faire un jeu de société, cuisiner ou regarder un film, ça aussi c’était du jamais-vu en semaine. Être présente quand ils rentrent de l’école, du collège, du lycée, c’était précieux ». « Ceux qui perçoivent le plus positivement l’impact sur la vie de famille sont les CSP +, qui ont moins souffert lors de la période que des familles plus défavorisées logeant dans des petits appartements et rencontrant des difficultés financières pendant la crise sanitaire », précise Pierre Chavonnet.

« Nous avons pris l’habitude de nous retrouver le vendredi soir autour une pizza »

Ce que les Français ont vécu depuis mars 2019 va forcément laisser des traces et de nouveaux comportements. Ainsi, 54 % des Français pensent que cette crise a fait d’eux « une nouvelle personne ». Et 75 % souhaitent davantage prendre soin de ceux qu’ils aiment. Un Français sur trois songe par exemple poursuivre les routines familiales qui se sont enclenchées pendant la crise, comme prendre un petit-déjeuner en famille ou organiser un apéro Skype avec ses proches. Milène fait partie de ceux qui veulent conserver ces petits rituels : « Je suis maman de 3 enfants de 15, 13 et 10 ans, et pendant le confinement et les couvre-feux, nous avons pris l’habitude de nous retrouver le vendredi soir autour une pizza (livrée de chez notre pizzaïolo local qui ne pouvait travailler autrement) tout en jouant à des jeux vidéo avec nos enfants. De grands moments de fous rires et de partages avec nos ados. Parfois également des soirées jeux de société, mais ils préféraient les jeux vidéo… Cette habitude est restée, car nous pensons que ce sont des souvenirs qu’ils garderont ».

Deux tiers des Français ont aussi la conviction que leur vie professionnelle va changer. Parmi eux, 42 % veulent rééquilibrer leur vie avec une moindre mesure pour le professionnel. « Alors que beaucoup étaient happés par leur travail, ils veulent désormais réinvestir du temps dans leur vie de famille pour ne plus avoir l’impression de la négliger. C’est pour cela qu’ils ne veulent plus passer 100 % de leur temps au bureau et veulent télétravailler davantage », reprend Pierre Chavonnet. C’est le cas d’Audrey : « J’essaie d’être en télétravail au moins un jour par semaine pour faire durer l’effet ».

« Le confinement a été un grand accélérateur pour se connaître »

Pour certains, la crise a aussi été un moment privilégié pour revisiter sa vie et s’interroger sur la suite à lui donner. Ainsi, 21 % déclarent vouloir s’engager davantage en se mariant, en devenant aidant, ou en passant à temps partiel pour favoriser l’équilibre professionnel et personnel. C’est le cas de Frédéric : « La semaine du premier confinement, ma compagne est venue habiter chez moi. Le confinement a été un grand accélérateur pour se connaître. Finalement, au bout de quelques mois, elle a fini par résilier le bail de son appartement et a fait rapatrier ses meubles chez moi. Enfin chez nous. Aujourd’hui, nous sommes en train de préparer notre mariage pour 2022 ».

* Enquête réalisée du 16 au 31 août 2021 pour Ici Barbès par l’institut Occurrence, auprès d’un échantillon de 1.025 Français recrutés selon la méthode des quotas (âge, sexe, CSP, région, taille d’agglomération) pour être représentatif des Français métropolitains âgés de 18 à 65 ans.