Nantes : Le Muscadet inaugure sa nouvelle route des vins pour « entrer dans la cour des grands »

OENOTOURISME Trois boucles et une nouvelle signalétique viennent d’être inaugurées pour rendre le vignoble nantais plus attractif

Julie Urbach
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Illustration des vendanges dans le Muscadet. Ici à la Haye Fouassière (archives)
Illustration des vendanges dans le Muscadet. Ici à la Haye Fouassière (archives) — Jean-Sébastien EVRARD / AFP
  • Plusieurs itinéraires ont ouvert cet été afin de faire découvrir aux visiteurs « les pépites oenotouristiques du vignoble muscadet ».
  • Objectif : améliorer l’image et la notoriété de ce vin blanc grâce à la rencontre avec ses acteurs.

Boire un petit verre de blanc en terrasse ou admirer les vignes qui défilent à travers la vitre de la voiture, par exemple sur la route vers Cholet. Voilà à quoi se résume souvent le lien entre les Nantais et leur vignoble. Mais les nombreux acteurs de la filière, qui travaillent pour certains à quelques dizaines de kilomètres du centre-ville, espèrent voir évoluer la relation. Et notamment grâce sa nouvelle route des vins, accessible depuis cet été à tous ceux qui voudraient découvrir, sur 36 communes, « les pépites oenotouristiques du vignoble Muscadet ». Trois boucles, officiellement inaugurées cette semaine, sont désormais matérialisées par 135 panneaux et une nouvelle signalétique. Elles remplacent un ancien itinéraire jugé peu lisible et obsolète.

Un panneau sur le circuit

Incontournable, le premier tracé chemine dans le sud-Loire et valorise le muscadet Sèvre-et-Maine, le plus connu, en reprenant le parcours culturel du Voyage dans le Vignoble lancé il y a quelques années déjà. Au sud toujours, un deuxième itinéraire contourne le lac de Grandlieu à la rencontre des oiseaux mais surtout du muscadet Côtes-de-Grandlieu. Au nord cette fois, les panneaux « Panorama de Loire » amènent les visiteurs à découvrir la dernière grande appellation, le plus confidentiel Coteaux-de-la-Loire, avec 150 hectares de vignes.

« Travailler l’image et la notoriété »

Un moyen de booster l'oenotourisme, que la Loire-Atlantique considère aujourd’hui comme un enjeu fort. « Peut-être qu’avant, nous n’étions pas encore mûrs, mais aujourd’hui nous n’avons plus à rougir, estime Agnès Brocquet, directrice tourisme au sein de Loire-Atlantique développement. Notre muscadet entre dans la cour des grands, avec une montée en gamme, des caves d’excellences qui n’existaient pas il y a dix ans. Il y a aussi désormais tout un tas de visites, points d’intérêt, de restaurateurs, de producteurs en circuits courts… Cette route, c’est le moyen de poursuivre la dynamique en travaillant notre image et notre notoriété. » Et notamment à l’international, pour reconquérir la clientèle étrangère que l’on espère voir revenir, pour des séjours plus longs.

Mais pour François Robin, de la Fédération des vins de Nantes, c’est d’abord avec les locaux qu’il faut tisser des liens plus solides. Il compte sur eux pour devenir des ambassadeurs du plus grand vignoble de vin blanc d’appellation monocépage au monde, malgré des idées reçues encore tenaces. S’il admet que « Nantes n’est pas encore associée à une ville de vin à part entière », tout n’est pas perdu selon lui. « Il faut accompagner les gens, et c’est ce à quoi cette route va servir. En venant, ils rencontreront des vignerons qui se sont professionnalisés : des caveaux rénovés, des visites de chais, des hébergements insolites… Ils vivront une expérience, avec un vrai temps pour la rencontre. »