Pas-de-Calais : La thèse du harcèlement toujours pas établi après le suicide d’une collégienne

ENQUETE Une collégienne de 12 ans s’est donné la mort, jeudi dernier, à Frévent. Un drame qui bouleverse toute une commune mais dont les circonstances ne sont toujours pas clairement déterminées

Mikaël Libert
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Le collège Cuallacci, à Frévent, où était scolarisée Chanel.
Le collège Cuallacci, à Frévent, où était scolarisée Chanel. — Google maps
  • Chanel, une collégienne de 12 ans, s’est suicidée jeudi dernier à Frévent.
  • Les proches de la jeune fille dénoncent le harcèlement scolaire dont elle était victime.
  • A ce stade de l’enquête, les investigations ne permettent pas encore d’accréditer cette thèse.

Jeudi dernier, Chanel, une collégienne de 12 ans, a été retrouvée morte au domicile de ses parents, à Frévent, dans le Pas-de-Calais. Si la thèse du suicide ne fait plus de doute, les causes sont toujours à déterminer, même si les proches de la victime mettent en cause des faits de  harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux.

Une hypothèse portée aussi, mercredi, par de nombreux participants à la marche blanche organisée en hommage à la collégienne, au lendemain de son inhumation. Sur des tee-shirts blancs, on pouvait notamment lire le slogan « stop au harcèlement scolaire ».

« Les raisons demeurent à déterminer »

Pour autant, côté justice, on se montre plus prudent. Si l’enquête ouverte pour « recherche des causes de la mort » s’oriente effectivement vers un suicide, Flavie Briche, la vice-procureure d’Arras, précise que « les raisons demeurent à déterminer ». Selon la magistrate, « à ce stade, et contrairement à ce qui est relayé par les réseaux sociaux, aucun élément de l’enquête ne permet d’accréditer la thèse d’un harcèlement scolaire ».

L’académie de Lille n’en dit pas davantage, relayant les propos du parquet d’Arras lorsque l’on évoque un possible harcèlement de l’adolescente. La cellule d’écoute, ouverte au lendemain du drame, sera néanmoins « maintenue autant que de besoin », assure-t-on à l’académie. Par ailleurs, pour permettre à l’enquête d’avancer, la vice-procureure rappelle que « les gendarmes de Frévent se tiennent à la disposition de tous ceux qui auraient des éléments utiles à l’enquête ».