Disparition d'un étudiant de Polytech Lille : Des participants au week-end d'intégration réfutent la thèse du bizutage

FAITS DIVERS Un étudiant de Polytech Lille a disparu au cours d’un week-end d’intégration dans les Ardennes. L’événement n’avait pourtant rien à voir avec ce que de nombreux internautes qualifient de « bizutage »

Mikaël Libert
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Etudiant à Lille, Valentin Gomes est porté disparu depuis un week-end d'intégration dans les Ardennes.
Etudiant à Lille, Valentin Gomes est porté disparu depuis un week-end d'intégration dans les Ardennes. — Gendarmerie des Ardennes
  • Un étudiant lillois a disparu lors d’un « week-end de cohésion » dans les Ardennes.
  • Organisateurs et participants se défendent d’un bizutage qui aurait mal tourné.

Au cours de la nuit de samedi à dimanche, Valentin Gomes, un étudiant de 23 ans en 5e année à l’école d’ingénieurs Polytech Lille, a disparu alors qu’il participait à un « week-end de cohésion » dans les Ardennes. Les réseaux sociaux -alors que le corps n'avait pas encore été authentifié comme celui de Valentin Gomes, se sont enflammés, établissant un parallèle entre intégration et bizutage. Une pratique réfutée tant par les anciens que par les actuels étudiants de l’école qui mettent plutôt en avant l’organisation très cadrée de l’événement.

Sur les réseaux sociaux, sous chaque article relatant le drame survenu pendant le week-end de cohésion (WEC) de Polytech Lille, de nombreux internautes fustigent une pratique qu’ils qualifient de « bizutage ». Un a priori que tentent de démonter les étudiants de l’école ayant participé à l’événement autant que les anciens ayant participé aux précédents WEC. « Il n’y a jamais eu de bizutage à Polytech », « pas de ça à Polytech », « aucun bizutage n’a eu lieu », peut-on notamment lire sur Twitter.

Une « charte du savoir-vivre »

Le « WEC 2021 » n’aurait tout simplement pas pu avoir lieu sans une organisation rigoureuse de la part du Bureau des étudiants (BDE). Il s’agissait tout de même d’emmener environ 400 étudiants passer plusieurs jours dans un camping haut de gamme au beau milieu des Ardennes. Pour détailler le déroulement aux participants, le BDE avait prévu en amont une réunion d’information obligatoire. « L’entrée au WEC vous sera refusée si vous n’avez pas attesté de votre présence durant cette conférence », insistent les organisateurs.

Selon nos informations, les participants devaient par ailleurs signer plusieurs chartes, notamment une « charte du savoir-vivre », qui interdisait, entre autres, de « consommer ou détenir des stupéfiants », « d’apporter et de consommer de l’alcool personnel », d’obliger une « personne à participer à une activité contre son gré » ou encore de « forcer une personne à consommer de l’alcool ». Le BDE faisait aussi remplir une « décharge de responsabilité » en cas de « d’accident ou de dommages causés » dans laquelle le participant s’engage à accepter « le règlement intérieur, ainsi que toutes les consignes de sécurité ».

Le BDE « irréprochable quant à la sécurité »

Dans les faits tout semblait aussi carré que sur le papier. « L’organisation qu’offrait le BDE, si elle aurait pu être critiquée sur le nombre d’activités proposées ou sur l’attente pour les repas, était irréprochable quant à la sécurité », confie à 20 Minutes un participant au WEC. Il confirme la présence sur place de « la Croix rouge et du Samu » et assure qu’il y avait, par ailleurs, « toujours au moins deux membres du BDE à chacune des deux entrées bordées par la route du camping ».

Malgré tout, le drame n’a pas pu être évité lors de la soirée de samedi à dimanche « sur le thème de la jungle ». A nos confrères de la Voix du Nord, un étudiant présent sur place expliquait que Valentin Gomes « avait bien bu » mais qu’on avait aussi « refusé de le resservir ». C’est l’enquête ouverte par le parquet de Charleville-Mézières qui devra déterminer le déroulement des événements ayant conduit à la mort du jeune homme et les éventuelles responsabilités.