Coronavirus : Des cabines de téléconsultation chez Monoprix ? C'est vrai

FAKE OFF Sur Twitter, la photo d'une cabine de téléconsultation installée dans un supermarché Monoprix alimente les critiques sur la « disparition de la médecine »

A.O.
Une enseigne Monoprix (illustration).
Une enseigne Monoprix (illustration). — SYSPEO/SIPA
  • Sur les réseaux sociaux, des internautes relayent une même photo pour dénoncer une forme de médecine au rabais.
  • On y voit résumées, sur une pancarte, les différentes étapes d'une téléconsultation dans un cabine qui serait installée dans un Monoprix.
  • Ces équipements sont bien déployés dans six enseignes du groupe depuis avril 2021. Mais ils n'ont « absolument pas vocation à se substituer à une consultation présentielle », selon Monoprix.

Vers le début de la fin des consultations de médecine en cabinet ? Sur Twitter, la photo d’une cabine de téléconsultation qui serait installée dans un Monoprix inquiète de nombreux internautes. « Disparition de la médecine. Le Covid a été l’occasion de réduire l’activité des médecins de ville au Doliprane, puis à la vaccination, aujourd’hui de faire contrôler leur statut vaccinal par des ARS, de dégraisser les hôpitaux et d’installer la médecine en cabine de supermarché », fustige le tweet relayant ce cliché.


On y voit résumés, sur une pancarte destinée aux utilisateurs potentiels, les principaux atouts de la téléconsultation en cabine : « Téléconsultez avec un médecin généraliste, spécialiste ou un paramédical en moins de 15 minutes », « retrouvez 7 dispositifs médicaux dans la cabine : dermatoscope, otoscope, oxymètre, stéthoscope, thermomètre, balance, tensiomètre »…

FAKE OFF

Si ce dispositif existe bel et bien au sein de certaines enseignes Monoprix, il n’est pas totalement nouveau : les deux premières cabines de téléconsultation conçues par l’entreprise Tessan ont été installées respectivement à Paris (porte de Châtillon) et à Troyes (Aube) en avril 2021.

« Les cabines de téléconsultations présentes dans ces espaces fonctionnent sans rendez-vous. Après une attente d’environ 7 minutes, les patients peuvent consulter un médecin généraliste par écrans interposés. Ils ont simplement à insérer leur carte Vitale, sans avancer de frais. Ensuite, ils peuvent utiliser les différents outils à disposition (tensiomètre, stéthoscope, thermomètre…) en suivant les instructions du médecin, présent par visioconférence », détaillaient nos confrères des Echos.

A l’époque, le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) n’avait pas manqué de réagir à cette initiative, dans un communiqué demandant au gouvernement de « réagir pour protéger l’acte médical et les patients ». « La santé n’est pas un commerce. […] La prise en charge de patients exclusivement en téléconsultation porte atteinte aux exigences déontologiques de qualité, de sécurité et de continuité des soins », déplorait notamment l’instance.

Un service prisé des clients dans certains cas

Contacté par 20 Minutes, le groupe Monoprix indique que « ce service de télémédecine n’a absolument pas vocation à se substituer à une consultation présentielle ou à promouvoir un modèle unique dans l’exercice de l’art médical », mais qu’il « constitue un outil complémentaire dans le parcours de soin et peut constituer une réponse particulièrement pertinente dans les déserts médicaux et dans les territoires en tension. »

« Les clients apprécient ce service de proximité, en complément de leur médecin traitant, notamment pour des renouvellements d’ordonnance, l’obtention d’un certificat médical pour une pratique sportive ou encore une prise de tension », poursuit le groupe, dont six enseignes disposent aujourd’hui d’une cabine de téléconsultation (une seconde à Nation, dans Paris, mais aussi à Colombes, Croisé-Laroche et Annecy).