Coronavirus : « Ça m’a fait un choc… » La fin du masque à l’école accueillie avec soulagement et étonnement

LIBERATION Dans les 47 départements français où le niveau de contaminations est faible, le masque n’est plus obligatoire à l’école primaire. Reportage à Nantes, à la sortie des classes

Frédéric Brenon
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A la sortie de l'école publique élémentaire Gustave-Roch, à Nantes.
A la sortie de l'école publique élémentaire Gustave-Roch, à Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Le masque n’est plus imposé aux élèves dans les départements où le taux d’incidence est deçà de 50 cas pour 100.000 habitants.
  • Il demeure en revanche obligatoire pour les personnels et enseignants.
  • Dans ces départements, les collégiens doivent, eux aussi, conserver le masque en classe.

« Il était grand temps », apprécie une maman, visiblement soulagée. A la sortie de l’école publique élémentaire Gustave-Roch, à Nantes, les sourires se lisaient sur les visages des enfants ce lundi après-midi. En Loire-Atlantique, comme dans 46 autres départements français, le masque n’est en effet plus obligatoire pour les élèves du CP au CM2 compte tenu d’un taux d’incidence stabilisé sous le seuil de 50 cas de Covid pour 100.000 habitants. La fin d’une contrainte subie depuis près d’un an.

« C’est super ! s’exclame Sa’diyyah, en CM2. On respire mieux, on parle facilement. Et puis on se voit vraiment quand on rigole. » « C’est cool ! On en avait marre du masque », confirme Yanis, élève de CE1. Inès, qui est arrivée en septembre dans cette école, découvrait ce lundi les visages de ses camarades de CE2 quasiment pour la première fois. « Ça fait drôle, confie-t-elle. On n’a pas l’habitude de discuter sans masque. » « Moi, ça m’a carrément fait un choc ce matin, renchérit Sa’diyyah. On est tellement habitué à l’avoir que j’avais oublié que ce n’était plus obligatoire. Je ne l’ai enlevé qu’une fois en arrivant dans la cour ! Et ça fait bizarre. »

« Inquiète sur la transmission du virus »

Comme les enfants, la plupart des parents sont également ravis par la mesure. « C’est une très bonne nouvelle, commente Nene, la mère de Sa’diyyah. Ça fait du bien de pouvoir voir leurs expressions du visage. Même s’ils ont fini par s’y habituer, le masque ne pouvait pas durer éternellement. Ça les étouffait je trouve. » Le père de Yanis considère, lui aussi, que ça faisait « mal au cœur » de les « laisser le matin avec le masque ». « Le début a été difficile, se souvient-il. J’ai un fils qui en a pleuré de ne pas pouvoir voir les réactions sur le visage des gens. » La maman de Louise partage cet avis, même si elle admet que sa fille s’était « finalement très bien adaptée ».

Mais d’autres parents observent la fin du port du masque en classe avec moins d’enthousiasme. « Je suis mitigée, reconnaît Nolwen, la maman d’Inès. D’un côté je sais bien qu’avec les longues journées que les enfants faisaient le masque n’était vraiment pas l’idéal. Je pense même que ça a eu des conséquences négatives sur l'apprentissage. Sur la lecture, l’acquisition du vocabulaire, par exemple. D’un autre côté, je suis un peu inquiète sur la transmission du virus. Sans maque les élèves sont forcément davantage exposés aux contaminations. J’ai déjà eu deux faux cas positifs à la maison. Je n’ai pas trop envie de revivre ça. » « Les consignes changent tout le temps, donc on n’a pas trop le choix que de s’adapter, souffle une autre mère de famille. Jusque-là le masque n’était obligatoire nulle part avant 11 ans mais il l’était à l’école dès le CP, donc dès 6 ans. J’ai aussi un fils qui est en 5e, au collège, et lui doit le garder en cours. Ce n’est vraiment pas évident à comprendre. »

Les enseignants, eux, gardent le masque

Dans les collèges et les lycées, les règles du port du masque en intérieur pour les élèves restent en effet inchangées. Quant aux enseignants et personnels, ils doivent également conserver le masque en classe, même à l’école élémentaire. « Je préfère que ça se passe comme ça. C’est plus rassurant que les adultes gardent leur masque pour l’instant », estime Nolwen, la maman d’Inès (CE2)

En parallèle, le Snuipp-FSU premier syndicat des professeurs des écoles, « demande au ministère une montée en puissance des tests salivaires pour les 6 millions d’élèves du primaire qui ne sont pour l’instant proposés qu’à hauteur de 300.000 par semaine alors qu’il en faudrait 20 fois plus pour mettre en place les préconisations du conseil scientifique ». Actuellement un cas de Covid dans une classe en primaire entraîne une fermeture