#MeToo : L'ex-Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt accuse Valéry Giscard d'Estaing de gestes inappropriés

REVELATIONS Helle Thorning-Schmidt raconte dans ses mémoires que l'ancien président français lui a posé la main sur la cuisse lors d'un dîner à Copenhague

20 Minutes avec AFP
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Helle Thorning-Schmidt, ancienne Première ministre danoise, se confie dans ses mémoires à paraître.
Helle Thorning-Schmidt, ancienne Première ministre danoise, se confie dans ses mémoires à paraître. — THOMAS KIENZLE / AFP

Valéry Giscard d'Estaing, symbole de la galanterie à la française ? Pas vraiment. En mars 2020 déjà, une journaliste de la télévision publique allemande WDR, Ann-Kathrin Stracke, 37 ans, avait déposé une plainte contre l’ancien chef de l’Etat français, l’accusant de lui avoir posé la main sur les fesses à trois reprises lors d’une interview réalisée dans son bureau parisien. C’est une affaire plus ancienne qui ressurgit ce lundi avec la publication par la presse danoise d’extraits des mémoires de Helle Thorning-Schmidt, ancienne Première ministre.

Elle y relate ainsi un incident survenu en 2002-2003, lors d’un dîner à l’ambassade de France à Copenhague. « J’ai vu que Giscard d’Estaing s’asseyait à côté et il m’a saisi la cuisse sous la table. C’était complètement fou. Je me suis demandé ce qu’il se passait, j’ai changé de place et c’était fini », a écrit l’ancienne dirigeante sociale-démocrate dans son livre intitulé Considérations d’une blonde qui sort ce lundi en librairie.

« Au Danemark, nous ne sommes pas si paritaires que nous l’avons cru »

L’ancien président français, décédé en décembre 2020, présidait alors les travaux de la Convention sur le projet de Constitution européenne, et Helle Thorning-Schmidt siégeait à cette même Convention. « Aujourd’hui, cela aurait été perçu comme du harcèlement sexuel. Ce n’était pas le cas à l’époque. C’était une autre époque, mais je l’ai perçu comme inapproprié et cette situation m’a mise très en colère », a-t-elle confié à l’agence locale Ritzau.

C’est bien après cet incident, qui ne s’était pas ébruité, que la Danoise est devenue chef des sociaux-démocrates à partir de 2005 puis Première ministre entre 2011 et 2015. Avec son nouveau livre, cette ancienne directrice générale de Save the Children International de 2016 à 2018 s’inscrit dans le sillage du mouvement #Metoo, qui avait vraiment décollé dans le royaume scandinave l’an dernier. « Au Danemark, nous ne sommes pas si paritaires que nous l’avons cru. Cela nous a conduits à nous endormir », a-t-elle dit à Ritzau.