Lyon : « Un mois sans ma voiture » pour passer aux mobilités alternatives

MOBILITE Du 4 au 31 octobre, le projet « Un mois sans voiture » initié par TCL invite 17 familles du quartier du Carré de Soie, à Vaulx-en-Velin et Villeurbanne, à laisser leur voiture au garage pour n’utiliser que les transports en commun. En espérant une transition durable

Jennifer Lesieur
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Le projet vise les urbains que rien n'empêcherait, a priori, de favoriser les transports en commun.
Le projet vise les urbains que rien n'empêcherait, a priori, de favoriser les transports en commun. — E. Riberry / 20 minutes
  • TCL et Keolis invitent 17 familles du Carré de Soie à remplacer leur voiture par les transports en commun pendant un mois.
  • Un « Kit mobilité » leur permet d'accéder gratuitement au réseau Sytral, à Vélo'v, Citiz, au TER et aux options de covoiturage.
  • Les initiateurs espèrent convaincre les ménages à opter pour les transports en commun, pour réduire la pollution et alléger la circulation.

Subir les bouchons, tourner en rond pour se garer : en ville, la voiture si pratique n’est pas toujours le moyen de transport idéal. TCL y répond en lançant ce mois-ci une expérience pour convaincre les habitants d’un quartier à ne plus utiliser que les transports en commun. Du 4 au 31 octobre, le projet « Un mois sans voiture » invite 17 familles habitant le Carré de Soie à laisser leur voiture au garage en échange d’un « Kit Mobilité » leur offrant les transports en commun (métro, bus, tram), mais aussi Vélo’v, Citiz, le TER et le covoiturage.

Ce projet est né d’une discussion entre Béatrice Vessiller, vice-présidente du Sytral et de la Métropole de Lyon, et Laurence Eymieu, directrice générale de Keolis, en partant d’un constat : « Nous sommes dans un quartier où malgré une bonne desserte en transports en commun, les rues sont encombrées à cause du stationnement et de la circulation », explique Béatrice Vessiller. « Nous avons réfléchi à une opération de management de la mobilité, qui a donné cette expérimentation où l’on propose à des ménages de Vaulx-en-Velin et de Villeurbanne des solutions de mobilité autres que leur voiture. En sachant qu’essayer, c’est adopter ! »

Une opération d’incitation et de communication

Paul Chaperon, directeur marketing de Keolis, explique que les volontaires ont été choisis parce qu’ils possèdent une voiture, « mais ne sont pas opposés aux transports en commun et dont le rythme de vie et de travail leur permettrait d’utiliser. L’important, c’est d’enclencher une dynamique, et de communiquer : des ateliers suivront pour recueillir leur avis. Nous en profitons aussi pour mieux expliquer les mobilités sur le quartier, car quand on maîtrise ça, c’est plus facile de lâcher sa voiture. »

Parmi ces volontaires, Nabila, 43 ans, est enthousiaste. Pour cette mère de quatre enfants, prendre les transports en commun s’avère plus compliqué que prendre sa voiture. Mais elle est curieuse de voir comment ce mois alternatif va impacter ses rendez-vous, ses courses… « Je veux aussi voir si au niveau du prix c’est avantageux pour moi, parce que la voiture coûte cher au ménage », ajoute-t-elle. « Mais je suis prête pour cette expérience, surtout que j’habite un secteur bien desservi, alors pourquoi ne pas en profiter ? Et c’est vrai qu’on n’est pas au courant de tout ce que la ville met à notre disposition, mis à part le tram, le métro et le bus. Je ne connaissais pas l’autopartage, par exemple, je l’aurais utilisé plus tôt si j’avais su. »

Les arguments du choix final

Pour Alex, commercial de 22 ans, la motivation est différente : s’il préfère la voiture, c’est parce qu’il a eu de mauvaises expériences avec les transports en commun. « J’ai accepté cette expérience pour les avantages (rires) ! Et pour voir si un mois sans voiture, ça change ou pas le quotidien. Maintenant, j’appréhende les métros en panne, les retards des bus… J’ai plus de certitudes avec ma voiture, vu que c’est moi qui conduis ! »

TCL et Keolis espèrent qu’après ce mois d’expérimentation, ces familles troqueront pour de bon le volant contre des abonnements, et que le dispositif sera déployé dans d’autres quartiers de la métropole. Pour Alex, tout dépendra de la fiabilité des transports. Nabila, elle, est déjà partante pour utiliser l’ensemble des alternatives à la voiture. Tous deux savent déjà qu’avec deux pleins d’essence de 70 euros par mois et un pass TCL à 65 euros en plein tarif, le gain financier ne fait pas de doute. Reste à changer le plus difficile : ses habitudes.