Australie : Non, la Première ministre de l’Etat de Sydney n’a pas démissionné en raison de conflit d’intérêts avec Pfizer et AstraZeneca

FAKE OFF La Première ministre de l'Etat de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, a démissioné en raison d'une enquête pour corruption. Pour les internautes, elle touchait de l'argent de Pfizer et d'AstraZeneca

Maïwenn Furic
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Un homme regarde des fleurs et des pancartes placées par des membres du public devant le bureau local de l'ancienne Première ministre de l'État de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, un jour après sa démission, à Sydney le 2 octobre 2021. (Photo by DAVID GRAY / AFP)
Un homme regarde des fleurs et des pancartes placées par des membres du public devant le bureau local de l'ancienne Première ministre de l'État de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, un jour après sa démission, à Sydney le 2 octobre 2021. (Photo by DAVID GRAY / AFP) — AFP
  • Le 1er octobre, Gladys Berejiklian, Première ministre de l’Etat de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, a démissionné en raison d’une enquête pour corruption.
  • Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes affirment qu’elle recevait de l’argent des grands groupes pharmaceutiques, comme Pfizer et AstraZeneca.
  • Quelles sont les vraies raisons de l’enquête pour corruption qui vise l’élue conservatrice ? 20 Minutes fait le point.

« La 1er Ministre de Nouvelle Galles du Sud a dû démissionner parce qu’on a révélé qu’elle était arrosée par Pfizer et AZ  [AstraZeneca] pour persécuter les Australiens afin qu’ils se vaccinent. » Cette rumeur circule sur les réseaux sociaux depuis le 1er octobre, jour de la démission de Gladys Berejiklian. Cette dirigeante conservatrice était à la tête de l’Etat le plus peuplé d'Australie – celui de Sydney, la capitale économique du pays – depuis 2017.

Les internautes estiment la démission de la première ministre de l'Etat de Sydney, en lien avec les laboratoires créateurs des vaccins anti-covid.
Les internautes estiment la démission de la première ministre de l'Etat de Sydney, en lien avec les laboratoires créateurs des vaccins anti-covid. - Capture d'écran

Dans les commentaires de ces publications, certains internautes opposés à la vaccination contre le Covid-19 s’interrogent : « A quand le tour de la France avec Macron » ? Les médias sont également accusés de vouloir cacher ces informations et d’être des « complices du gouvernement ».

20 Minutes a fait le point sur la démission de Gladys Berejiklian.

FAKE OFF

Si les médias ne parlent pas des accusations de conflit d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques et pour cause : elles sont fausses. la Première ministre de l'Etat de la Nouvelle-Galles du Sud, le 1er octobre, fait suite à l’ouverture d’une enquête de la Commission indépendante contre la corruption (ICAC).

Cette enquête, appelée l'opération Keppel, a pour but de savoir si Berejiklian « a violé la confiance du public en accordant plusieurs subventions à des organisations communautaires entre 2012 et 2018 ». Rien à voir, donc, avec la vaccination, puisque les faits portent sur une période où une pandémie mondiale telle que celle du Covid-19 relevait encore de la science-fiction. L’ICAC cherche également à déterminer s’il y avait un conflit d’intérêts lié à sa relation intime avec l’ancien député Daryl Maguire, qui a admis, dans le cadre d’une précédente enquête anticorruption, qu’il avait utilisé sa position de député pour engendrer des profits personnels et en faveur de ses associés. Au rang desquels Gladys Berejiklian.

Berejiklian nie en bloc les accusations de l’ICAC. « J’affirme catégoriquement avoir toujours agi avec le plus haut niveau d’intégrité […] au profit des habitants que j’ai eu le privilège de servir », a-t-elle assuré dans un communiqué​, regrettant de devoir démissionner en pleine crise sanitaire.

Sydney et dans sa région, plus de 5 millions d’habitants sont confinés depuis le mois de juin. Une mesure sanitaire à laquelle l’ancienne Première ministre devait mettre fin le 11 octobre.