Mort de Bernard Tapie : Pour nos lecteurs, l’homme d’affaires était un mélange de « Bernard Jekyll et Tapie Hyde »

VOTRE VIE VOTRE AVIS Bernard Tapie est décédé à l’âge de 78 ans dimanche des suites d'un cancer

Pierre Cloix
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Bernard Tapie a eu 1.000 vies.
Bernard Tapie a eu 1.000 vies. — KARINE VILLALONGA/SIPA
  • Décédé dimanche à l’âge de 78 ans, Bernard Tapie souffrait d’un cancer de l’estomac depuis 2017, raison pour laquelle il avait renoncé à se rendre à son procès en appel dans l’affaire de l’arbitrage du Crédit lyonnais en mai dernier.
  • 20 Minutes a demandé à ses lecteurs quels souvenirs ils gardaient de cette personnalité hors normes.

« Un homme hors du commun. » Ni plus, ni moins. Jacky, comme beaucoup, se souvient de Bernard Tapie comme d’un personnage multifaces, qui en imposait. Sa disparition dimanche, à l’âge de 78 ans, des suites d’un cancer de l’estomac, a provoqué l’émoi en France. D’autant que « Nanard » a évolué dans de multiples secteurs au cours de sa vie.

Se rappeler, se souvenir, c’est ce que nous vous avions demandé, et vos témoignages sont à l’image du politico-acteur-chanteur-businessman-président de club : riches et variés. Jacky poursuit : « On aime ou on n’aime pas Bernard Tapie, mais en aucun cas il ne peut laisser indifférent. Pour ma part il est, et j’espère restera un modèle pour tout ce qu’il a créé. Un homme de convictions, un charisme remarquable, une capacité à entraîner et à montrer que l’on doit être le meilleur, une volonté incomparable, une détermination exceptionnelle. » Flatteur, il ajoute toutefois : « Bien sûr, quand vous êtes leadeur, vous pouvez faire des erreurs. » Cette dualité, vous n’avez pas manqué de nous la faire remarquer. Thierry qualifie même le personnage de « Bernard Jekyll et Tapie Hyde. »

« Courageux » ou « voyou »

Et c’est bien là que repose toute la complexité de la personnalité de Bernard Tapie. Quand Michèle lance un une myriade d’adjectifs élogieux tels qu’« ambitieux, courageux, fonceur, charismatique, sympathique », David rétorque avec d’autres noms, bien moins avantageux : « Voyou. Fossoyeur d’entreprises. Opportuniste. Menteur. » L’homme d’affaires était soupçonné d’escroquerie dans le cadre de la vente de l’entreprise Adidas et du litige avec le Crédit lyonnais. Commencé en octobre 2020, le procès avait été interrompu du fait de la dégradation de l’état de santé de Bernard Tapie, avant de reprendre en mai.

Brigitte a un souvenir tout à fait particulier du « Boss » : « Je l’ai rencontré lorsque l’équipe de foot albanaise est venue en France. Je travaillais alors à Tirana. Monsieur Tapie a demandé des détails sur les joueurs et leurs familles. Il leur a donné discrètement des tenues, des chaussures, des jouets pour leurs enfants, des parfums pour leurs femmes. A l’époque, l’Albanie allait mal, il fut le seul à les aider. » +1 point pour le côté « gentil ». Dans le même temps, Monique se souvient de Tapie qui « en 71 à Troyes, avec son porte-voix, achetait des entreprises pour les revendre en appartements, promettant aux salariés qu’il n’y aurait aucun licenciement. » Plus dur encore, Sylvie assène « les salariés de la Vie Claire et toutes les entreprises dont il a fait le malheur ne pleurent pas ! »  +1 pour le côté « méchant ».

« Tout ou rien »

Finalement, Bernard Tapie apparaît à vos yeux autant escroc que businessman flamboyant, autant impudent qu’homme charismatique. Un sentiment que Maxime synthétise à la perfection : « La vie d’un homme est complexe. Elle prend souvent des chemins escarpés. Mais à la fin, elle nous ramène au point de départ. Tapie était comme l’électricité : tout ou rien. Sa réussite sociale s’est construite sur un talent aux multiples facettes. Du marchand de sable au repreneur d’entreprises en difficulté, aux salariés sacrifiés. Une fortune bâtie sur le jeu cynique et la misère de notre société. Un politicien sauvage aux airs de gentilhomme. Enfin, un comédien curieux, humain et un patriarche pour sa famille. »