Mort de Bernard Tapie : « Je ne pouvais pas rester devant la télé », sur le parvis du Vélodrome, l’hommage des Marseillais au « Boss »

MORT DE BERNARD TAPIE Des Marseillais se sont rassemblés devant le Vélodrome pour rendre hommage à Bernard Tapie, glorieux ex-président de l’Olympique de Marseille, décédé ce dimanche

Alexandre Vella
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Un portrait de Bernard Tapie a été installé dès dimanche sur le parvis Jean-Bouin du Stade Vélodrome.
Un portrait de Bernard Tapie a été installé dès dimanche sur le parvis Jean-Bouin du Stade Vélodrome. — Alexandre Vella / 20 Minutes

La messe dominicale des supporters de l’OM était prévue pour 17 heures, où les joueurs de Jorge Sampaoli affrontaient Lille dans le Nord ( défaite 2-0, sale journée en bref). Une procession de quelques centaines d’entre eux, de tous âges, a toutefois défilé dans les heures précédant le coup d’envoi sur le parvis du Stade Vélodrome, à Marseille, pour rendre hommage à Bernard Tapie, décédé ce dimanche matin.

« S’il avait eu la mairie… »

Au pied du portrait du « Boss », installé devant le stade, Sofiane, assis sur une marche trois roses blanches en main, accuse le coup. « J’avais 18 ans en 1993. L’annonce de son décès m’a vraiment touché », explique cet enfant des quartiers Nord. « C’est pourtant un Parisien de naissance, mais il restera à jamais gravé dans la mémoire de Marseille. Cette ville adopte les gens qui l’aiment et qui lui donnent », sait Sofiane. « Personne n’apportera autant que lui à ce club », ajoute-t-il, avant d’aller fleurir le portrait de celui qui a apporté l’unique coupe aux grandes oreilles à la France.

Mais l'homme aux mille vies ne reste pas dans les mémoires que pour ses victoires. « Un vrai bonhomme. Il voulait beaucoup en faire pour les minots. L’entrée gratuite au stade pour eux, c’est lui », retient Philippe, 60 ans. « Je pense qu’on a raté un truc avec Tapie… S’il avait eu la mairie, on ne serait peut-être pas dans cette situation », poursuit-il. Benoît Payan, le maire de Marseille, venu rendre hommage à l’homme qui « a incarné Marseille », appréciera.

« Venir, c’était le minimum »

« Je ne pouvais pas rester devant ma télé. Quand mon père m’a dit que des gens se rassemblaient devant le Vel', je suis venu spontanément rendre hommage au Boss », raconte Frédéric, 50 ans. Peu après 16 heures, un groupe de jeunes des South Winners a déployé une banderole et craqué quelques fumigènes. « Stade B. Tapie Vélodrome », proclame celle-ci, alors que l’un d’eux agite le drapeau à l’effigie de celui qui rejoint le panthéon olympien.

« C’est pour rappeler la promesse qu’avaient faite certains élus », lance Hamza, un des leaders du groupe. « Venir, c’était le minimum. On voulait réagir vite », explique-t-il avant de filer au local « mater le match ». Né en 1995, alors que se confirme la condamnation de Bernard Tapie en appel dans le cadre de l’affaire OM-VA – peine d’inéligibilité qui l’empêcha sans doute de prendre la mairie –, il sait néanmoins ce que le club et la ville lui doivent.

« Un fou furieux »

Comme Valentin, 28 ans. Un Marseillais d’adoption, arrivé sur les bords de la Méditerranée il y a huit ans. « C’était un fou furieux. Il est parti de rien et il a accompli des choses dingues. Moi, il m’inspire beaucoup. Je me dis que peu importe les manières, les moyens et tes origines sociales, avec de l’ambition tu peux y arriver. Tu ne peux pas habiter à Marseille et ne pas savoir qui c’est et ce qu’il a fait », conclut-il.