Haute-Vienne : Le chantier de la piste d’essais du train hyperloop a commencé

TRANSPORTS DU FUTUR Le chantier pour la construction d’un centre technique et d’une piste d’essai dédiés au train subsonique Hyperloop a démarré dans le Limousin et l’inauguration est prévue dans un an

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'un modèle d'hyperloop, exposé à Munich.
Illustration d'un modèle d'hyperloop, exposé à Munich. — CHRISTOF STACHE / AFP
  • La construction d’un centre technique et d’une piste d’essai dédiés au train subsonique Hyperloop a démarré dans un village du Limousin.
  • Un démonstrateur va aussi être créé par la société canadienne Transpod qui porte le projet.
  • L’inauguration du centre d’essais est annoncée pour septembre 2022.

Le projet d’hyperloop avance. Les travaux pour créer un centre technique et une piste d’essai dédiés au train subsonique Hyperloop ont commencé cette semaine à Droux, commune de 400 habitants en Haute-Vienne. Les premiers travaux de défrichement du terrain seront suivis du terrassement et de l’installation des tubes par une filiale de Veolia, pour une inauguration du centre en septembre 2022, a annoncé Sébastien Gendron, PDG de la société canadienne TransPod, qui détaillait cette semaine son projet aux élus.

Une première phase à 21 millions d’euros

« Après des essais concluants en laboratoire, il nous permettra de valider la technologie dans des conditions réelles. Le terrain est idéal avec une capacité d’extension sur 3 km sur les lieux d’une ancienne voie ferrée », a-t-il précisé. Le principe de l’Hyperloop, ce train ultrarapide, est de faire circuler des capsules pressurisées, ou « pod », dans des tubes à basse pression pour s’affranchir des frottements aérodynamiques et frôler le mur du son.

Ce concept a été lancé en 2013 par le milliardaire Elon Musk, mais d’autres start-up se sont engouffrées dans la brèche, comme Virgin Hyperloop ou l’américaine Hyperloop Transportation Technologies (HyperloopTT ou HTT). En France, la première phase du projet, évaluée à 7,5 millions d’euros sur un coût total de 21 millions, permettra de créer un bâtiment de 500 m² et une piste de 300 à 800 mètres de long. Vingt-deux emplois seront créés à Droux et Limoges.

Un démonstrateur en préparation

Parallèlement, la société crée actuellement un démonstrateur pour communiquer sur les aspects techniques de l’Hyperloop. « Nous sommes en train de construire un véhicule de 300 kg de quatre à six mètres de long à l’échelle 1/3 par rapport au véhicule définitif », dit le PDG. « Il nous permettra d’expliquer comment la lévitation, la propulsion et la transmission de puissance fonctionnent. Un événement retransmis mondialement aura lieu fin mars 2022 depuis Toronto puis, dans un second temps, en France », a-t-il ajouté. L’idée est de faire taire les sceptiques, nombreux. « C’est le propre de l’innovation. Si on y arrive, cela aura quand même été une véritable croisade », dit le PDG.

Après avoir reçu des aides de la région Nouvelle-Aquitaine (2 millions d’euros) et de la région des Pouilles en Italie (6 millions) en recherche et développement, TransPod a annoncé avoir reçu « une offre de 500 millions de dollars » américains, dit-il, d’un fonds d’investissement anglais pour la création d’une infrastructure en Alberta au Canada, pour relier Calgary et Edmonton sur 350 km. En France, la société canadienne s’intéresse à deux corridors, l’un reliant Paris au Havre et l’autre Paris à Toulouse avec des arrêts possibles à Orléans et Limoges.

Reste à savoir si les acteurs privés, principaux investisseurs, seront rejoints par les acteurs publics pour ce type de projet. « On aimerait des politiques publiques plus ambitieuses », dit Sébastien Gendron.