Montpellier : « J’ai ressenti une véritable paralysie », le GHB fait des ravages dans les soirées

DROGUE Selon les associations étudiantes, l’usage de la « drogue du violeur » explose dans les bars et les discothèques de Montpellier

Nicolas Bonzom
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Un verre, dans un bar (illustration)
Un verre, dans un bar (illustration) — CB2 ZOB WENN.COM SIPA
  • Selon l’Agem, l’Association générale des étudiants montpelliérains, l’usage du GHB, la « drogue du violeur », explose, dans les bars et les discothèques de la capitale héraultaise.
  • « Les années précédentes, cela pouvait arriver, de temps en temps, mais pas autant qu’aujourd’hui », s’inquiète Edgar Bruel, le président de l’Agem.
  • « Ce soir-là, je n’ai bu un verre avec personne, ni accepté un verre de la part de quelqu’un. Mais j’ai ressenti, à un moment de la soirée, une véritable paralysie », témoigne une étudiante en Staps, qui pense avoir été droguée au GHB.

Fêtards, en soirée, gardez un œil sur vos verres. Selon l’Association générale des étudiants montpelliérains (Agem), le GHB serait en vogue, à Montpellier (Hérault). Cette structure, qui fédère 25 associations, s’inquiète que de nombreux témoignages de jeunes, ayant été, ou pensant avoir été drogués au GHB, lui parviennent, depuis la rentrée. Et ce n’est pas la seule association montpelliéraine à donner l’alerte. Le collectif Nous toutes 34 indique que cette drogue « tourne beaucoup en ce moment à Montpellier », et appelle à la prudence.

« Les années précédentes, cela pouvait arriver, de temps en temps, mais pas autant qu’aujourd’hui », s’inquiète Edgar Bruel, le président de l’Agem. Si certains utilisent la « drogue du violeur » pour s’enivrer en un temps record sans enchaîner les verres, c’est lorsqu’elle est administrée, sans leur consentement, à d’autres personnes, que c’est le plus inquiétant. En la glissant discrètement dans un verre, par exemple.

« Je n’avais plus aucune force en moi pour repousser quiconque »

Selon Edgar Bruel, alors que la substance était, jusqu’alors, un moyen pour les agresseurs d’assommer leurs victimes, elle peut revêtir d’autres desseins pervers. « Cette année, on remarque qu’il y a aussi beaucoup d’hommes qui sont drogués au GHB, reprend-il. Le but, c’est de dépouiller la personne, mais aussi, visiblement, de simplement observer les effets de cette drogue sur elle. Juste pour s’amuser. »

Ces effets, cette étudiante en Staps à Montpellier les a ressentis. La jeune femme de 19 ans pense avoir été droguée au GHB, lors d’une soirée en discothèque, début septembre. « J’avais un peu bu, mais pas de là à finir dans l’état dans lequel j’ai terminé cette nuit-là, confie-t-elle à 20 Minutes. Ce soir-là, je n’ai bu un verre avec personne, ni accepté un verre de la part de quelqu’un. Mais j’ai ressenti, à un moment de la soirée, une véritable paralysie. J’étais consciente, mais je n’avais plus aucune force en moi pour repousser quiconque autour de moi. Puis mon état a empiré. J’ai fini par ne plus rien voir, ne plus pouvoir parler, je ne pouvais même plus envoyer un message. Et j’ai fini par m’endormir. Le trou noir. »

Garder son verre avec soi et veiller sur ses amis

Des amis l’ont prise en charge, lorsqu’elle n’était plus capable de tenir sur ses jambes, et l’ont ramenée chez elle. L’étudiante a-t-elle été droguée au GHB ? Impossible de le savoir avec certitude, la jeune femme n’ayant pas pu être testée. Dans le sang, cette drogue de synthèse est détectable pendant quelques heures, une douzaine dans les urines. Lorsque l’étudiante s’est réveillée, c’était déjà trop tard, le délai était déjà passé. « Mais j’en ai discuté avec des professionnels, notamment des sapeurs-pompiers, qui m’ont confirmé que mes symptômes étaient semblables aux effets du GHB », confie l’étudiante, qui appelle les fêtards, et leur entourage, à être prudents.

Pour se protéger, l’Agem recommande dans les bars et les discothèques de garder son verre avec soi et de le recouvrir avec la main. Mais aussi de s’entourer, lors des sorties, de personnes de confiance, et de veiller sur ses amis. Et de donner l’alerte, en cas de malaise, auprès d’eux ou de la direction de l’établissement. L’Agem envisage d’acheter des « capotes de verre », des couvercles qui se positionnent sur les boissons, pour que les étudiants puissent protéger leurs boissons en soirée.