Gaz et électricité : Face à la hausse des tarifs, la CFDT veut « augmenter » et « élargir » le chèque énergie

FACTURE En décembre quelque six millions de ménages bénéficieront de ce chèque de 100 euros

M.F avec AFP
— 
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a jugé jeudi nécessaire d'augmenter encore le chèque énergie.
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a jugé jeudi nécessaire d'augmenter encore le chèque énergie. — Jacques Witt/SIPA

La CFDT s’est inquiétée ce jeudi de l’impact de l’augmentation du prix de l’énergie sur les ménages modestes. En effet, les tarifs réglementés du gaz, en progression depuis plusieurs mois, vont à nouveau bondir de plus de 12% vendredi. Ceux de l’électricité vont connaître la même augmentation en février.

Face à cette flambée des prix, « le gouvernement doit d’abord regarder des mesures ciblées pour les ménages les plus modestes », a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger sur France Info.

Un chèque pour les personnes au-dessus de critères actuels

L’exécutif a déjà annoncé un versement exceptionnel de 100 euros en décembre pour les quelque six millions de ménages bénéficiaires du chèque énergie. « Il faut l’augmenter sans doute encore », a estimé le numéro un de la CFDT, souhaitant aussi « élargir ceux qui sont éligibles au chèque énergie », en particulier aux « franges des salariés qui sont un peu au-dessus » des critères actuels.

Pour faire baisser les factures, il a également suggéré de « regarder en termes de régulation des tarifs ce qu’il est possible de faire, notamment les taxes ».

Augmentation des factures, mais stagnation des salaires

Le leader syndical a souligné qu'« il y a déjà une forte précarité énergétique dans notre pays, beaucoup de gens qui ne se chauffent pas ou se chauffent mal pendant l’hiver (…), ça provoque des situations terribles ». Interrogé sur un possible retour de « colère » sociale qui avait fait naître le mouvement des « gilets jaunes », Laurent Berger a répondu craindre d’abord « la paupérisation, (…) la précarisation de centaines de milliers de familles ». « La colère, évidemment, elle pourrait venir ensuite », alimentée par « une espèce d’incompréhension », a-t-il ajouté.

La CGT s’était aussi alarmée mardi dans un communiqué de cette hausse des prix de l’énergie. « C’est un problème majeur pour les ménages et la perspective de reprise risque de se heurter à la stagnation des salaires et l’augmentation des factures. C’est aussi un problème pour l’industrie et, en particulier, pour les entreprises très consommatrices d’énergie », soulignait-elle, en revendiquant la création d'« un pôle public de l’énergie » et en proposant de « baisser immédiatement la TVA de 20 % à 5,5 % sur l’électricité ».

Le Premier ministre Jean Castex est attendu jeudi au journal de 20h de TF1 pour annoncer de nouvelles mesures pour « faire face à l’augmentation des prix de l’énergie ».