Bretagne : Le nombre de résidences secondaires a été multiplié par trois

IMMOBILIER En cinquante ans, le nombre de maisons construites dans la région a plus que doublé, dont une majorité à destination des habitants de passage

Camille Allain
— 
Vue de résidences secondaires sur le littoral à Penmarc'h en Bretagne.
Vue de résidences secondaires sur le littoral à Penmarc'h en Bretagne. — C. Allain / 20 Minutes

Voilà un chiffre qui ne va pas rabibocher les Bretons avec « les Parisiens », terme générique qui qualifie les habitués de la région, peu importe qu’ils soient de Paris, de Nantes ou de Rennes. D’après une étude de l’Insee, le nombre de résidences secondaires a été multiplié par trois en cinquante ans en Bretagne. Un rythme élevé et supérieur à la moyenne nationale, qui s’explique notamment par l’attrait du littoral et l’attractivité du territoire. Mais pas seulement.

Depuis 1968, le nombre de résidences secondaires n’a cessé de progresser pour dépasser la barre des 250.000 en 2018. Mais elles ne sont pas les seules. Sur la même période, le nombre de résidences principales a lui été multiplié par 2,2 dans la région, soit une progression de +104 %. L’absorption d’une population en pleine croissance ? Oui, mais pas que. En cinquante ans, la population bretonne est passée de 2,5 millions d’habitants à plus de 3,3 millions aujourd’hui, soit une progression de 35 %.

Cet accroissement du nombre de logements, aux trois quarts des maisons, s’explique plutôt par la baisse du nombre de personnes dans chaque ménage. « Comparé à 1968, il y a par exemple en 2018 plus de jeunes quittant le domicile familial pour leurs études, mais aussi moins de familles nombreuses, des mises en couples plus tardives, davantage de ruptures conjugales, de personnes âgées seules dans leur logement ainsi que de familles monoparentales », précise l’Insee. L’institut précise que la région abritait également 144.800 logements vacants en 2018.

Le prix de l’immobilier flambe

Dans certaines communes, notamment autour du golfe du Morbihan, la part des résidences secondaires dépasse parfois les 80 % faisant passer des bourgades de quelques milliers d’habitants en hiver au rang de ville de plus de 30.000 habitants.

Cette part importante de logements secondaires a pour effet de faire flamber l’immobilier dans certains secteurs recherchés, notamment sur le littoral. Porté par la crise sanitaire et la volonté de profiter de plus d’espace, le prix de l’immobilier explose, notamment sur la côte. En un an, le prix des maisons anciennes a bondi de 46 % à La Trinité-sur-Mer et 51 % à Locmariaquer, dans le Morbihan, selon les chiffres des notaires. Le constat est le même à Piriac-sur-Mer et au Croisic, dans le département voisin de Loire-Atlantique.