Occitanie : LGV, petites lignes et trains de nuit, les grands projets ferroviaires dans la région

RAIL « 20 Minutes » fait le point sur les dossiers brûlants du rail dans la région

Nicolas Bonzom
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A la gare Sud de France, à Montpellier (illustration)
A la gare Sud de France, à Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • En Occitanie, les deux Lignes à grande vitesse (LGV) sont presque sur les rails. Le tour de table de la ligne Montpellier-Perpignan est acté, et l’enquête publique doit débuter avant la fin de l’année. Et pour Toulouse-Bordeaux, le dernier obstacle juridique est levé, et les travaux sont prévus à partir de 2024.
  • La région Occitanie vont également relancer des petites lignes, qui avaient été mises en sommeil, notamment Alès-Bessèges et Montréjeau-Luchon.
  • Enfin, la collectivité souhaite le retour en force des trains de nuit dans la région. D’ici la fin de l’année, cette offre va redémarrer doucement, avec la ligne Paris-Tarbes.

En Occitanie, 67.000 voyageurs prennent le train, chaque jour. La région s’est fixée comme objectif qu’il y en ait 100.000, d’ici dix ans. Les premiers chiffres sont encourageants : en 2020, malgré l’épidémie de Covid-19, l’affluence a augmenté de 13 % par rapport à 2019 en Occitanie, et cette année, elle a encore grimpé de 7 %. Mais cette cohue vers les gares est conditionnée, forcément, à un développement du rail sur le territoire. Lignes à grande vitesse (LGV), petites lignes et retour des trains de nuit, 20 Minutes fait le point sur les gros projets ferroviaires, en Occitanie.

Les LGV en chantier (ou presque)

Les LGV entre Montpellier et Perpignan, et Toulouse et Bordeaux, ont connu, ces dernières semaines, un coup d’accélérateur. Le tour de table financier a été bouclé pour la première, et l’enquête publique devrait débuter avant la fin de l’année. Le démarrage des travaux, cependant, ne devrait pas intervenir avant 2029. Elle pourrait rouler « en 2033-2034 », espère Carole Delga (PS), la présidente de la région. Quelques années plus tôt pour l’ouverture du premier tronçon, Montpellier-Béziers.

Toulouse-Bordeaux devrait être cependant la première des deux LGV occitanes à rouler. Lundi, le Conseil d’Etat a levé le tout dernier obstacle juridique à ce grand projet, en rejetant la demande d’annulation de la Déclaration d’utilité publique (DUP), réclamée par un collectif d’opposants. Les travaux devraient débuter en 2024, avant une ouverture quatre ans plus tard. Pour Carole Delga, l’ouverture des LGV, complétée par le projet entre Marseille et Nice, va créer « une transversale, qui reliera l’Atlantique à la Méditerranée ». Elles permettront, aussi, de rendre les liaisons entre ces métropoles plus rapides, et de libérer des places, sur les lignes classiques, pour les petits trains.

Un coup de boost des petites lignes

C’est en 2016 que la région a défini l’urgence de la réouverture de plusieurs petites lignes. Parmi elles, Alès-Bessèges. Les travaux permettant d’envisager la remise en service de cette ligne centenaire, suspendue pour des questions de sécurité, devraient débuter en 2014, prévoit la région. Puis une ouverture en deux phases : Alès-Saint-Ambroix en 2025, avant une mise en service totale l’année suivante. Elle permettra de relier, à nouveau, les terres cévenoles, dans le Gard. Dans le même département, une autre ligne ouvrira bientôt : le train de la Rive droite du Rhône, entre Nîmes et Pont-Saint-Esprit. Elle sera remise en route en plusieurs phases, avec, d’abord, le tronçon Pont-Saint-Esprit-Avignon-Centre, en 2022. Avec la desserte de Bagnols-sur-Cèze.

A l’ouest de l’Occitanie, c’est la ligne Montréjeau-Luchon qui est au cœur de toutes les préoccupations. Stoppée en 2014, elle devrait être remise en service dans le courant de l’année 2023, table la collectivité. Le chantier, lui, débutera l’année prochaine. Ce sera, par ailleurs, la première ligne de train à hydrogène en France.

Vers un retour en force des trains de nuit

Après un long sommeil, les trains de nuit redémarrent, doucement, en France. En Occitanie, la SNCF proposera des trajets nocturnes entre Paris et Tarbes, d’ici la fin de l’année. Pour la collectivité locale, « cette victoire en appelle d’autres ». Elle souhaite vivement le retour du Nîmes-Clermont-Paris, du Millau-Paris ou du Cerbère-Strasbourg. Mais, pour la région Occitanie, « la relance des trains de nuit est aussi conditionnée à la reconquête des usagers », avec un nécessaire renouvellement du matériel roulant afin de leur offrir un service « à la hauteur des attentes ».