Montpellier : La police mise en cause dans sa prise en charge des victimes de viols

PLAINTE La police de l’Hérault se défend, en assurant que « toutes les victimes sont accueillies, entendues et orientées avec professionnalisme »

N.B.
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Le commissariat de Montpellier (illustration)
Le commissariat de Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La militante féministe Anna Toumazoff a mis en cause le commissariat de Montpellier, sur les réseaux sociaux, dans la prise en charge des victimes de viols.
  • De son côté, la police de l’Hérault se défend, en dénonçant des propos qui « ne reflètent aucunement la réalité. Protéger les victimes est notre métier. »

La militante féministe Anna Toumazoff a mis en cause le commissariat de Montpellier (Hérault), dans un thread sur Twitter et dans une story sur Instagram, dans la prise en charge des victimes de viols.

« Au commissariat central de Montpellier, on demande aux victimes de viol si elles ont joui. […] On explique aux victimes de viol qu’une personne qui a bu est forcément consentante », écrit la militante, qui fait référence à la plainte d’une jeune femme. « On refuse de recevoir des victimes de viol en raison de leur tenue. On les recale, malgré leur visage tuméfié, en leur riant au nez. […] La seule réponse donnée aux victimes de violences conjugales est qu’elles l’ont bien cherché, et qu’on ne gâche pas des vies en portant plainte juste pour ça. […] On explique texto aux victimes de viol que porter plainte n’a aucune espèce d’utilité », rapporte Anna Toumazoff, dans plusieurs tweets.

Sur Instagram, Anna Toumazoff a relayé d’autres témoignages de victimes, mettant en cause le commissariat de Montpellier. « En période d’élections, ce serait cool qu’on puisse agir concrètement contre la culture du viol dans ce pays », écrit-elle.

Des propos qui « ne reflètent aucunement la réalité », assure la police

Le préfet réfute les accusations portées aux policiers. Hugues Moutouh « condamne avec fermeté » ces propos qu’il juge « diffamatoires ». « Les fausses informations et mensonges qui ont pour seul objectif de discréditer l’action des forces de sécurité intérieure dans leur lutte quotidienne contre les violences sexuelles desservent la cause des femmes victimes, écrit-il. Les rapports de police et le procès-verbal d’audition de l’affaire ayant servi de prétexte à cette dénonciation calomnieuse montrent clairement que les enquêteurs ont fait sérieusement leur travail, avec le respect qui s’impose. »

La police de l’Hérault a dénoncé sur Twitter des propos qui « ne reflètent aucunement la réalité. Protéger les victimes est notre métier. En 2021, la cellule spécialisée dans les affaires de viol a traité 282 plaintes, 83 personnes ont été placées en garde à vue. » Selon la police, « toutes les victimes sont accueillies, entendues et orientées avec professionnalisme. Toutes les enquêtes sont menées avec impartialité sous la direction du procureur. Nos locaux sont ouverts 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. »