Calais : Quatre cents migrants évacués d'un campement, un « éloignement temporaire qui ne marche pas », selon une association

IMMIGRATION Environ 400 migrants ont été expulsés, mardi, mais leur nombre semble rester stable depuis des années

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration du démantèlement d'un camp de migrants.
Illustration du démantèlement d'un camp de migrants. — Gabrielle Cezard / SIPA

Quatre cents migrants ont été expulsés, mardi, à Calais, dans le Pas-de-Calais, lors d’un nouveau démantèlement de leur campement par les forces de l’ordre, a annoncé la préfecture. A l’issue d’une ordonnance d’expulsion de la zone du Virval, près du centre hospitalier, « 363 personnes isolées et 37 personnes appartenant à des familles ont été réparties dans 17 bus », acheminées « vers des centres situés dans le Pas-de-Calais et la région Hauts-de-France », a indiqué la préfecture, dans un communiqué.

Selon elle, ces occupations « illicites » – « environ 450 tentes »- occasionnaient « de sérieux problèmes de sécurité, de salubrité et de tranquillité en particulier pour le personnel et les usagers du centre hospitalier ».

Selon l’association L’Auberge des migrants, quelque 700 personnes étaient présentes sur la zone avant le démantèlement. « Toutes les affaires personnelles ont été saisies – sacs de couchage, tentes – donc ce soir, ceux qui sont restés sur place seront contraints de dormir sans rien sur la tête », a réagi Pierre Roques, manager de l’Auberge des migrants. Il déplore une politique « d’éloignement temporaire » qui « ne marche pas malgré les énormes moyens déployés » : après les démantèlements, « les exilés reviennent très rapidement, sous 72 heures ».

« Empêcher la reconstitution » de la jungle

« Merci au préfet62 et aux forces de sécurité qui ont procédé ce matin, sur mon instruction, au démantèlement d’un important campement de migrants à Calais », a tweeté le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. L’opération est intervenue peu après qu’un mineur soudanais a été retrouvé mort dans la commune voisine de Marck, après avoir chuté d’un poids lourd dans lequel il tentait de monter dans l’espoir de rallier l’Angleterre.

Près de cinq ans après le démantèlement de la « jungle » de Calais, des centaines de migrants – 1.500 à 2.000 selon les associations, désormais 500 selon la préfecture – sont actuellement présents à Calais, dont de nombreuses familles.

Pour le préfet Louis Le Franc, la « préoccupation première » est « d’empêcher la reconstitution » de la jungle. Depuis le 1er janvier, a-t-il précisé, 15.553 migrants ont réussi à rallier les côtes anglaises à bord de petites embarcations, tandis que 13.807 personnes ont été recensées comme interceptées ou sauvées en mer et ramenées sur le sol français.