Haute-Garonne : Jusqu’à 500 euros par mois pour les 18-24 ans, le département va expérimenter le revenu de base

SOCIAL Le conseil départemental de la Haute-Garonne va lancer en mars 2022 l’expérimentation du revenu de base auprès de 1.000 jeunes de 18 à 24 ans tirés au sort

Béatrice Colin
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Le conseil départemental de la Haute-Garonne veut lancer en mars 2022 le revenu de base pour les 18-24 ans (illustration)/
Le conseil départemental de la Haute-Garonne veut lancer en mars 2022 le revenu de base pour les 18-24 ans (illustration)/ — Capri23auto / Pixabay
  • En mars prochain, le conseil départemental de la Haute-Garonne va lancer l’expérimentation du revenu de base auprès de 1.000 jeunes de 18 à 24 ans, tirés au sort.
  • Cette expérimentation durera dix-huit mois, au cours desquels les jeunes recevront un revenu de base maximum de 500 euros mensuels, établi en fonction des ressources.
  • Le département de la Haute-Garonne compte 150.000 jeunes de 18 à 24 ans, dont 20 % expliquent rencontrer des difficultés sociales ou peinent à payer leur loyer.
  • Les jeunes non scolarisés ou sans activité justifieront d’un engagement citoyen au sein d’une association.

Feu vert ou pas de l’Etat, le conseil départemental de la Haute-Garonne a décidé de se lancer. En mars prochain, le «revenu de base» ne sera plus un concept pour 1.000 jeunes de 18 à 24 ans, mais une réalité. Ce mardi, Georges Méric, le président socialiste de la collectivité, a annoncé la mise en place d’une expérimentation de 18 mois pour les moins de 25 ans, exclus du RSA, qu’ils soient étudiants, au chômage ou en activité.

Pour l’élu, qui avait évoqué ce projet dès 2018 avec d’autres responsables de conseils départementaux, il était essentiel de venir en aide à cette génération que l’on dit sacrifiée. « Nous avons constaté une carence énorme au niveau de la jeunesse. A Toulouse, durant la crise sanitaire, nous avons vu des étudiants qui n’avaient pas de quoi pouvoir s’acheter à manger. Pour nous, ce "revenu d’existence" est une volonté d’intégration républicaine de ces 18-24 ans dans la société », assure l’élu.



Tirés au sort, les 1.000 jeunes retenus bénéficieront d’une somme maximale de 500 euros par mois pour faire face à leurs dépenses du quotidien, pour le loyer ou payer leurs factures d’électricité. Elle sera cumulable avec les autres aides dont ils bénéficient déjà.

20 % des 18-24 en difficultés

La Haute-Garonne compte plus de 146.000 jeunes de cette tranche d’âge, parmi lesquels 20 % reconnaissent rencontrer des difficultés sociales ou peiner à payer leur loyer. Pour ceux qui seraient non scolarisés ou sans activité, ils devront justifier d’un engagement citoyen. « Cela peut être une demi-journée passée auprès d’une association, il y a pour nous une volonté d’insertion », assure le patron du conseil départemental.

Alors que le «revenu d’engagement pour les jeunes» devrait bientôt être présenté par Emmanuel Macron, les élus de la collectivité ont donc décidé de lui griller la priorité. « Ce projet gouvernemental, dont le financement n’est pas prévu au projet de loi de finances, est uniquement conditionné sur les droits et les devoirs, comme si les aides aux jeunes étaient assimilées à de l’assistanat. La France et le Luxembourg, sont les seuls États d’Europe à ne pas avoir de revenu minimum pour les jeunes », tacle Arnaud Simion, vice-président (PS) à l’Action sociale du département.

Ce nouveau revenu sera conditionné aux ressources des parents ou à celles du bénéficiaire si celui-ci est en activité. Son déploiement sur les 18 mois devrait coûter neuf millions d’euros à la collectivité, première à se lancer dans un revenu de base de ce format-là. Un dispositif expérimental qui sera scruté de près par des scientifiques de l’Université Toulouse-Jean-Jaurès et l’Institut de politiques publiques et dont les résultats, au terme des 18 mois, conduiront à voir si ce revenu de base est efficace, ou pas. ​