Marseille : Pas de sanction de la RTM envers les contrôleurs présents lors de la mort d'un handicapé à la Joliette

INFO «20 MINUTES» En l’absence de gardes à vue, la RTM a décidé de ne pas prononcer de sanctions envers les agents présents lors de la mort de Saïd M’Hadi après un contrôle de billet

Mathilde Ceilles
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Illustration du métro de Marseille
Illustration du métro de Marseille — Gérard Julien /AFP
  • La semaine dernière, un voyageur handicapé de 37 ans est mort en marge d’un contrôle de tickets par onze agents de la RTM à Marseille.
  • L’opérateur n’a pour autant pas décidé de mesures conservatoires envers ces agents, en l’absence de gardes à vue, les plaçant en « congés ».
  • Cette décision révolte la famille de la victime, au lendemain de l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ».

Les onze agents présents lors de la mort le 22 septembre dans le métro de Marseille de Saïd M’Hadi, un handicapé de 37 ans décédé après un contrôle de billet à la station Joliette, n’ont pas fait l’objet d’une mise à pied ou toute autre sanction de la part de leur employeur, a appris 20 Minutes auprès de la présidente de la RTM.

« Il n’y a pas de mesures conservatoires envers ces agents, explique Catherine Pila. Il n’y a pas eu de garde à vue. Ils sont actuellement en congés car ils sont traumatisés. » Et d’affirmer que « les images de vidéosurveillance seront fournies par la RTM en temps réel à la police, sans distorsion. »

« On va leur souhaiter bonnes vacances aussi »

« C’est très grave, s’émeut auprès de 20 Minutes la sœur de la victime, Khadija M’Hadi. On va leur souhaiter bonnes vacances aussi, et leur donner des mouchoirs ! C’est nous qui sommes traumatisés. Mon frère était incapable de faire du mal à une mouche et ils l’ont tué ! Il a été étranglé ! Il faut que ces agents soient mis à pied. Pourquoi ont-ils agi comme cela ? »

Ce lundi, en fin de journée, le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, soit les mêmes chefs d’accusation que ceux de l’enquête annoncée par la procureure de Marseille, le 23 septembre.

Mort asphyxié

Selon ce premier communiqué du parquet, Saïd M’Hadi, décrit comme « agité, virulent et violent », aurait « tenté de se soustraire au contrôle » des agents de la RTM, qui auraient alors « amené au sol » l’homme d’1,82 mètre pour quelque 100 kg, pour le maîtriser.

Appelés en renfort, les policiers ont constaté que l’homme était « inerte » alors qu’ils tentaient de le menotter, selon le parquet. Pris en charge par les pompiers, Saïd M’Hadi était décédé « malgré une longue tentative de réanimation », victime d'« un syndrome asphyxique de mécanisme indéterminé au temps de l’autopsie ».