Bretagne : Le management chez Lidl encore dénoncé après le suicide d’une salariée

SOCIAL Un rassemblement en hommage à la responsable du magasin de Lamballe (Côtes-d’Armor) a lieu ce lundi après-midi devant le siège régional de l’enseigne en Bretagne

Jérôme Gicquel
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Illustration de l'enseigne Lidl.
Illustration de l'enseigne Lidl. — Vadim Pacajev / SIPA
  • La responsable d’un magasin Lidl en Bretagne s’est donné la mort début septembre.
  • Elle avait laissé une lettre dans laquelle elle dénonçait le harcèlement et la pression qu’elle subissait de la part de sa direction.
  • Un rassemblement a lieu ce lundi après-midi devant la direction régionale du groupe pour lui rendre hommage.

Elle a mis fin à ses jours dans la nuit du 5 au 6 septembre non loin de son domicile. Avant de se donner la mort, cette responsable du magasin Lidl de Lamballe Côtes-d’Armor avait laissé une lettre à ses proches pour dénoncer le harcèlement et la pression qu’elle subissait de la part de sa direction. Pour rendre hommage à cette femme de 49 ans, qui travaillait depuis 27 ans pour l’enseigne allemande, un rassemblement aura lieu ce lundi après-midi devant le siège de la direction régionale du groupe à Ploumagoar près de Guingamp. « On ne veut plus vivre une telle tragédie car malheureusement il y aurait pu en avoir d’autres », dénonce Arnaud Rouxel, délégué syndical CGT.

En arrêt de travail depuis l’été 2020, cette mère de famille de deux enfants, qui était « très investie dans son travail et avait gravi les échelons », avait porté plainte peu de temps après pour harcèlement moral. « Son travail était sans cesse dénigré, on n’arrêtait pas de lui dire qu’elle n’était pas au niveau », souligne le syndicaliste. Triste hasard du calendrier, elle avait reçu un avis à victime le lendemain de sa disparition l’informant que sa demande de constitution de partie civile était acceptée.

Perquisitions et gardes à vue au siège régional le 16 février

La responsable du magasin de Lamballe n’est d’ailleurs pas la seule à s’être plainte du « management toxique » et du « climat délétère » qui régnait au sein de la direction régionale du groupe comme en atteste la quarantaine de plaintes déposées par des collaborateurs. Devant l’ampleur du dossier, une information judiciaire avait été ouverte par le parquet de Saint-Brieuc. Cela avait débouché sur des perquisitions menées le 16 février dans les locaux de la direction régionale et le placement en garde à vue de neuf personnes de l’équipe encadrante. « Les accusations évoquées dans cette enquête sont graves et ne correspondent absolument pas à la politique de l’entreprise ni aux actions menées quotidiennement pour recruter, former et accompagner le développement de nos 40.000 salariés en France », avait alors réagi l’enseigne.

Alors que l’instruction se poursuit, Arnaud Rouxel ne comprend pas qu’aucune mesure n’ait été prise par la direction à la suite de ces gardes à vue. « Malgré les nombreuses alertes, rien n’a été fait et on se retrouve désormais face à un tel drame, c’est sidérant », ne décolère pas le syndicaliste, qui espère « des mises en examen le plus rapidement possible ». Récemment, le groupe de distribution allemand a été mis en examen pour homicide involontaire et harcèlement après le suicide d’un salarié qui avait été retrouvé pendu dans un entrepôt près d’Aix-en-Provence en 2015.