Féminicide de Mérignac : Les policiers impliqués dans les défaillances bientôt sanctionnés

ENQUETE Un nouveau rapport de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) confirme qu’il y a bien eu une succession de fautes et des erreurs dans la chaîne policière et judiciaire

C.C.
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Une voiture de police devant la maison théâtre d'un féminicide le 4 mai 2021, à Mérignac.
Une voiture de police devant la maison théâtre d'un féminicide le 4 mai 2021, à Mérignac. — UGO AMEZ/SIPA

Après un premier rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA), c’est au tour de  l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) de confirmer les multiples défaillances de la chaîne policière et judiciaire, cinq mois après le féminicide de Chahinez Boutaa à Mérignac près de Bordeaux. Le 4 mai dernier, cette mère de famille de 31 ans était tuée de plusieurs balles et brûlée vive par son mari, dont elle s’était séparée quelques mois plus tôt.

Selon France Inter, les policiers impliqués dans cette affaire seront bientôt sanctionnés par leur hiérarchie lors d’un conseil de discipline convoqué par le directeur général de la Police nationale. Cela pourrait aller d’un blâme à des sanctions beaucoup plus élevées. On ne sait pas pour l’instant si des sanctions seront aussi prononcées contre le vice-procureur bordelais et la directrice du SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation), mis en cause également dans ce nouveau rapport.

Une plainte bâclée, une mauvaise coordination avec le SPIP

Ce dernier pointe « une succession de fautes professionnelles et des erreurs d’appréciation qui mises bout à bout ont contribué à ne pas empêcher le mari de commettre l’irréparable », précise France Inter. Par exemple, la plainte de Chahinez Boutaa datant du 15 mars, après avoir été séquestrée et frappée pendant près de deux heures par son mari, aurait été bâclée par l’agent de police. De ce fait, son dossier n’aurait pas été une priorité pour la justice malgré des faits très graves. Pour rappel, début septembre, un conseil de discipline s'est réuni à Bordeaux pour examiner le cas du policier, condamné pour violences conjugales, qui avait recueilli cette plainte de Chahinez contre son mari, deux mois avant qu'elle ne soit assassinée. Ce conseil a proposé une sanction de deux ans d'exclusion dont un ferme contre ce policier, pour les faits de violences conjugales. 

Autre défaillance, il ne se passe rien lors des deux rendez-vous de Mounir Boutaa avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation, chargée de son suivi après une première condamnation pour violences conjugales sur sa femme alors que ses deux rendez-vous se tiennent après la nouvelle plainte du 15 mars. Tout ça à cause d’une mauvaise coordination entre la police et le SPIP.